Aquitaine: Des élèves malades après le traitement de vignes voisines de l’école

Elsa Provenzano

— 

Application de pesticides dans des vignes bordelaises
Application de pesticides dans des vignes bordelaises — S.ORTOLA/20MINUTES

Lundi en fin de matinée, 23 élèves sur les 46 de l’école élémentaire de Villeneuve ont commencé à ressentir différents symptômes : toux, maux de tête, irritations des yeux et de la gorge. Le matin même, le propriétaire des vignes qui jouxtent l’école avait réalisé un épandage. Une enquête est menée par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) pour déterminer la cause de ces malaises.

La responsable de la cellule veille, alerte et gestion sanitaire de l'Agence régionale de santé (ARS), le Dr Martine Vivier-Darrigol, reste prudente dans son analyse mais reconnaît « qu’il est clairement possible qu’il y ait un lien entre l’épandage et les symptômes ». Les symptômes n’étant pas spécifiques, il est difficile à l’agence de santé de se prononcer davantage, avant les résultats de l’enquête.

Des zones de protection demandées pour les riverains

« Le seul document réglementaire dont on dispose c’est un texte de 2006 qui dit qu’il ne faut pas épandre quand le vent est de force 3 (soit 19 km / h) et tout mettre en œuvre pour que les produits restent sur la parcelle », explique Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations Futures, une association qui œuvre pour la défense de l’environnement et de la santé. Un peu léger pour la structure, qui rappelle que les analyses qu’elle a menées, en juin 2012,  sur les cheveux de riverains volontaires avaient montré la présence de molécules issues des produits de traitement. L’association a déjà interpellé l’Agence nationale de la sécurité alimentaire de l’environnement et du travail (ANSES) sur le fait qu’il n’y ait pas de zones de protection le long des habitations proches des vignobles.

Réaliser les épandages en dehors des temps scolaires

Les parents d’élèves se mobilisent aussi sur le sujet puisque le collectif « Alerte Pesticides » vient d’être crée récemment à Léognan, sur l’appellation Pessac Léognan, et rassemble une vingtaine de personnes. « L’un des groupes scolaires est installé en bordure d’une grosse propriété viticole et les parcelles sont traitées alors que les enfants font du sport sur le terrain, juste à côté», déplore Emmanuelle Reix, membre du collectif.

Avec l’exemple des enfants qui ont été malades à Villeneuve, elle a bon espoir que la principale revendication du collectif, à savoir que les épandages se fassent en dehors du temps scolaire, soit entendue. « J’ai contacté le directeur de Villeneuve pour lui dire que nous nous tenions à disposition des parents d’élèves qui souhaitent qu’on partage nos expériences », précise t-elle.

Aucun autre élève n’a déclaré de symptôme depuis lundi, selon l’agence régionale de santé (ARS). Une surveillance épidémiologique a été mise en place par l’institut de veille sanitaire et l’ARS, en attendant les résultats de l’enquête.