La sculpture « Sanna » va-t-elle rester à Bordeaux ?

Elsa Provenzano
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L'oeuvre Sanna, de Jaume Plensa, fait l'objet d'une souscription publique par la ville de Bordeaux
L'oeuvre Sanna, de Jaume Plensa, fait l'objet d'une souscription publique par la ville de Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

A quelques jours de la fin de l’appel à contributions privées qui devait réunir 150 000 euros d’ici le 1er juin, le compte n’y est pas. Seulement 44 000 euros ont été réunis grâce à 418 donateurs privés, afin d’acquérir l’œuvre monumentale de Jaume Plensa, installée depuis cet été sur la place de la Comédie, près du Grand-Théâtre. On ignore encore si le visage sculpté restera à Bordeaux.

«Il suffirait d’un ou deux gros mécènes»

«Avec quelques parutions dans la presse dernièrement, on a eu des dons supplémentaires dont l’un de 5000 euros par une société. Il suffirait d’un ou deux gros mécènes», assure Fabien Robert, le nouvel élu en charge de la culture. Le coût global de l’œuvre est de 450 000 euros. L’idée de la mairie était de parvenir à récolter 150 000 euros, «une part qui nous semble acceptable pour la contribution du privé», rappelle l’adjoint à la culture. Il précise aussi que le lieu n’est pas acté, «Sanna» ne restera pas forcément sur la place de la Comédie. Ce sera au conseil municipal d’estimer quel est le lieu le plus adéquat. «Pas forcément au centre-ville», glisse Fabien Robert.

«Un achat réflexion»

Lors de l’exposition des onze œuvres de l’artiste portugais à travers la ville, il y avait eu un vrai engouement pour l’artiste et une demande pour conserver l’une des sculptures. Le choix s’est porté naturellement sur «Sanna», crée spécialement pour Bordeaux. «Il y a des achats impulsifs et des achats réflexion et là, on est clairement dans un achat réflexion», analyse Fabien Robert pour expliquer que l’engouement ne se traduise pas dans les dons. «Plensa a réalisé d’autres sculptures pour d’autres villes, qui ne sont pas restées dans celles-ci. C’est tout le débat sur les œuvres d’art durables ou éphémères», ajoute l’élu.

Si la somme n’est pas réunie à la date butoir, le conseil municipal devra soit renoncer à l’acquisition (et les donateurs seront remboursés) soit augmenter sa participation.
« En tout cas, si vous pensez qu’il faut la garder, donner pour l’acquérir ! », lance l’élu, qui compte beaucoup sur ces derniers jours pour relancer la mobilisation.

Pour participer à l'acquisition : http://plensa.bordeaux.fr/