Le Blaye de Vauban vise l'Unesco

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On l'appelle « le verrou de l'estuaire ». La citadelle de Blaye, le Fort-Médoc à Cussac et le Fort-Paté en plein milieu de la Gironde forment un triptyque de défense original conçu par Vauban à la fin du xviie siècle. Trois cents ans plus tard, cet ensemble pourrait entrer dans le cercle très fermé des monuments inscrits au patrimoine mondial de l'humanité. Mercredi, la France a en effet déposé à l'Unesco un dossier de candidature pour le classement, au titre de patrimoine culturel, d'un réseau de quatorze sites fortifiés par le célèbre architecte. C'est la ville de Besançon, dont la citadelle est aussi l'oeuvre de Vauban, qui est à l'origine du projet. Elle a créé une association qui a travaillé d'arrache-pied pour que son dossier soit retenu par l'Etat. Cette étape franchie, reste à convaincre les experts de l'Unesco. Un éventuel classement, qui interviendrait en juin 2008, pourrait entraîner pour chaque site d'importantes retombées économiques.

« Ça serait une belle carte de visite et on peut espérer une progression de la fréquentation touristique de 30 à 40 % », commente le maire de Blaye, Bernard Madrelle (PS). La citadelle, qui est le site majeur du triptyque, attire chaque année 200 000 visiteurs. Mais « les touristes viennent se balader un après-midi puis reprennent la voiture pour aller ailleurs, commente un commerçant blayais. Il n'y a pas grand-chose pour les retenir ici ». Le maire compte justement sur le classement pour « susciter des initiatives privées ». « Mais elles ont besoin d'une fréquentation plus importante, c'est un peu l'histoire de l'oeuf et de la poule », estime-t-il. Reste que l'oeuf, en l'occurrence le classement, n'enthousiasme pas encore les foules. « Au marché, on parle beaucoup de la nouvelle salle polyvalente, mais jamais de l'Unesco », commente le propriétaire de l'Auberge du porche, qui ne cache pas son scepticisme. « Chez nous la population est enthousiaste, affirme le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret. Les gens doivent réaliser que l'impact sera considérable. D'autant que l'adhésion du public au projet comptera beaucoup lors de la visite des experts de l'Unesco. »

Sophie Lemaire