Girondins: «J’ai montré que j’avais les aptitudes pour jouer dans ce club», estime Nicolas Maurice-Belay

FOOTBALL Le milieu offensif bordelais, en fin de contrat en juin, espère prolonger son bail après trois saisons passées en Gironde…

Marc Nouaux
— 
Le Bordelais Nicolas Maurice-Belay face à Valenciennes, le dimanche 15 décembre 2013.
Le Bordelais Nicolas Maurice-Belay face à Valenciennes, le dimanche 15 décembre 2013. — S. Ortola

Nicolas Maurice-Belay est un des titulaires indiscutables des Girondins de Bordeaux depuis trois saisons. Pourtant, son contrat, qui arrive à échéance en juin, n’a pas encore été renouvelé. Le milieu offensif gaucher fait le point sur sa situation personnelle.

Qu’attendez-vous personnellement de cette fin de saison?

Je suis en fin de contrat et il y a la question par rapport aux fameuses statistiques qui a été le problème de base de ma carrière, je ne vais pas me cacher. Mais on a été aussi en difficulté collectivement en 2014, donc c’est difficile de se mettre en valeur aussi.

Allez-vous prolonger?

J’aimerais bien car je suis conscient que je suis dans un très bon club. Mais je sais aussi que le foot va très vite et que le jour ou lendemain. On est en train de négocier avec le club mais on n’en a pas trop parlé ces derniers temps car les résultats sont en stand-by. C’est quelque chose qui peut se ré-accélérer vite.

Est-ce que vous prenez mal le fait de ne pas avoir été sollicité plus tôt?

On espère toujours ça, mais ce n’est pas nous qui décidons. C’est difficile car à la base, vu les statistiques que j’ai, je n’ai pas le profil d’un joueur de ce club-là mais vu mes qualités intrinsèques, je pense l’être. Ce sont deux choses différentes. Dans ce milieu, les stats comptent beaucoup mais j’ai montré que j’avais les aptitudes pour jouer dans des clubs de ce niveau. Après, c’est toujours la même histoire, est-ce qu’il marque, est-ce qu’il ne marque pas… L’investisseur, quand il regarde un joueur offensif, il regarde les stats et surtout le nombre de buts.

Vos trois premières saisons en Gironde sont plutôt positives…

Ma deuxième année, j’étais déçu de moi, j’ai eu une période difficile vis-à-vis de mes stats. Je me focalisais dessus, je ne voulais plus être bon dans le jeu, je voulais marquer absolument. Mais globalement, à Bordeaux, j’ai toujours été très heureux, les supporteurs m’ont toujours soutenu et ce sont des choses auxquelles un joueur s’attache car à Sochaux j’ai eu des périodes difficiles où certains ne me voulaient pas dans le club. On était plus contre moi que pour. Et quand, dans un club plus huppé, tu as de meilleures relations, ça touche plus. Quand un joueur ne marque pas il peut vite devenir la tête de turc de l’équipe.

L’année dernière a sans doute été la moins bonne pour vous…

J’en avais eu marre de faire des bons matchs et de pas être décisif. Je voulais que ça se concrétise en chiffre. A un moment, cela m’a tellement agacé que je ne voulais même plus percuter ou quoi que ce soit, je voulais mettre un pointu et mettre des buts de crevards car le mec qui met des buts à l’arrache, on ne retient que ses buts. Je me rappelle d’un match à Valenciennes où je fais un bon match, on a des occasions mais on fait 0-0. Je suis rentré chez moi, j’en avais trop marre. Au bout d’un moment, tu n’en peux plus de faire que dalle au niveau stats. Tu te dis, ‘fais comme tout le monde, va dans la surface et essaie de mettre un pointu!’

Aujourd’hui, vous avez compris qu’il ne fallait plus aller à contre-nature?

Maintenant, je relativise même si ces derniers temps cela m’a un peu saoulé car on a fait de bons matchs mais cela ne s’est pas concrétisé en passes décisives. C’est frustrant car on va te le reprocher. De nature, je ne suis pas du genre à pointer du doigt celui qui n’a pas marqué. Si dans ce milieu, on te reproche de ne pas faire de passes décisives, je ne vais pas montrer la vidéo en montrant qu’untel ou untel ont loupé un but après le centre. Après, sur mes occasions de but, je ne me suis jamais caché. Mais pour les passes décisives… Mais je ne pense pas que ce sont mes coéquipiers qui s’amusent à me boycotter de la sorte [Rires].