Condamnation du vigneron bio à Dijon : des viticulteurs Bordelais réagissent

VIN Le procès, à Dijon, d'un vigneron refusant de traiter ses parcelles, a fait réagir dans le bordelais...

Elsa Provenzano

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Application de pesticides dans des vignes bordelaises
Application de pesticides dans des vignes bordelaises — S.ORTOLA/20MINUTES

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio en Bourgogne, a été condamné, ce lundi, à une amende de 500 euros par le tribunal de grande instance de Dijon. Il avait refusé de traiter ses vignes contre la flavescence dorée, en dépit d’un arrêté préfectoral imposant le recours à un traitement. La flavescence dorée, une maladie des vignes qui est propagée par un insecte appelé cicadelle, est bien connue des viticulteurs girondins, qui ont suivi cette affaire de près.

«Un équilibre à trouver»

«Pour moi ce qui compte ce n’est pas ce jugement mais de savoir réellement s’il faut traiter», réagit Dominique Ducourt, viticulteur à Sauveterre-de-Guyenne. Il raconte que certains viticulteurs se retrouvent avec l’obligation d’arracher des pieds, sans savoir s’ils étaient réellement atteints par la flavescence dorée. «Je pense qu’il faut une appréciation plus fine des zones touchées, ce n’est pas innocent de balancer des insecticides et en même temps si on ne traite pas, on peut tout perdre. Il y a un équilibre à trouver», estime-t-il. De son côté le syndicat des vignerons bio d’Aquitaine se montre solidaire avec Emmanuel Giboulot. «Ce que je trouve anormal, c’est qu’il n’y avait pas de pieds malades en Côte d’Armor, son département. C’est comme si on demandait de traiter en Charentes parce que la Gironde est contaminée ! C’est un usage exagéré du principe de précaution», estime Patrick Boudon, président du syndicat et viticulteur bio à Soulignac. Pour mieux se protéger de cette maladie, il plaide en faveur de zonages plus resserrés et de mesures en amont, comme le traitement à l’eau chaude des plantations. «Il faudrait aussi travailler sur le mauvais équilibre des sols», pointe-t-il

Des mesures pour réduire les traitements

«La flavescence dorée est une maladie préoccupante, si on ne fait rien. Elle peut détruire une parcelle en 3 ans environ», explique Laurent Bernos, directeur du service vigne et vin à la Chambre d’agriculture de la Gironde. La loi impose trois traitements par an, mais grâce aux prospections et aux piégeages des insectes, mis en place depuis dix ans, la maladie est maîtrisée. «On a quasiment divisé le nombre de traitements par deux», assure-t-il.