Elever des poules pour alléger ses poubelles

Elsa Provenzano

— 

De plus en plus de familles achètent des poules pour les œufs et leur capacité à réduire les déchets, ici à Lyon en 2013.
De plus en plus de familles achètent des poules pour les œufs et leur capacité à réduire les déchets, ici à Lyon en 2013. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

«Une poule ça mange de tout, mis à part les pelures de pommes de terre, les poireaux et les agrumes. Elle mange l’herbe tondue, le pain, les pâtes, le riz, bref quasiment tous les restes. Il faut juste lui donner un peu de grains en complément», explique Fabienne Chrétien, aide soignante à l’origine du projet «Adopte2poules.com» avec sa collègue Valérie, infirmière. Répondant à un concours à projets lancé en interne, à l’occasion de la semaine du développement durable, elles avaient d’abord pensé à recycler les déchets alimentaires produits au sein de la polyclinique Bordeaux rive droite mais la réglementation a semblé un frein trop important. «On s’est rabattu sur la sphère privée», précise Fabienne Chrétien qui élève des poules depuis deux ans et a réduit de moitié sa production de déchets alimentaires. Deux volatiles peuvent absorber jusqu’à 300 kilos de déchets végétaux par an.

«Deux tiers des salariés sont des ruraux»

L’opération est un vrai succès puisque 130 salariés, sur les 310 de la clinique, se sont portés volontaires pour adopter les gallinacés, qui proviennent d’un élevage local. «Deux tiers de nos salariés sont des ruraux qui vivent sur la rive droite», avance Elien Meynard directeur de la clinique, pour expliquer cette forte participation. Mais les salariés privés de jardin ou de terrasse suffisamment grande pour accueillir un poulailler ne sont pas en reste. «J’ai la chance d’avoir un jardin donc je vais héberger six poules et je distribuerai les œufs aux collègues», déclare Claire Dollet, assistante sociale en cancérologie, qui habite à Salleboeuf. Sensibilisée à la protection d l’environnement, elle avait déjà fait l’acquisition d’un composteur. «C’est aussi un plaisir d’avoir des œufs frais. Et avec les enfants ce sera très sympa», ajoute t-elle.

Les porteuses du projet ont contacté 80 communes de Gironde, autour de Bordeaux pour s’assurer qu’elles acceptaient les poules chez les particuliers. Elles ne sont pas les bienvenues dans seulement deux d'entre elle et Bordeaux n’en fait pas partie. La législation considère qu’il s’agit d’un élevage à partir d’une trentaine de volatiles. Ce jeudi, quelque 260 gallinacés vont être livrés aux salariés de la clinique, qui vont pouvoir renouer avec une méthode qui a déjà fait ses preuves dans nos campagnes…