Aéroport de Bordeaux et ligne à grande vitesse: «On est en train de gagner la course»

INTERVIEW Pascal Personne, directeur de l'aéroport Bordeaux-Mérignac, explique sa stratégie pour développer le trafic d'ici 2017, date de la mise en service de la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Paris...

Elsa Provenzano

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Pascal Personne, directeur de l'aéroport Bordeaux-Mérignac.
Pascal Personne, directeur de l'aéroport Bordeaux-Mérignac. — E.Provenzano / 20 Minutes

Pour l’aéroport, que représente l’arrivée de la compagnie Turkish Airlines, qui va proposer des vols Bordeaux-Istanbul, à partir du 12 juin?

C’est une étape importante pour l’aéroport et même un peu une consécration. Il y a beaucoup de possibilités de correspondances à partir d’Istanbul, qui ne sont pas accessibles par Paris ou Madrid comme les anciennes républiques d’URSS et l’Afrique de l’est. La compagnie a d’excellents taux de remplissage et on espère avoir un trafic de 25 à 30 000 passagers la première année.

L’aéroport sera-t-il prêt à encaisser l’arrivée de la ligne à grande vitesse en 2017, qui va fortement faire baisser le trafic vers Paris ?

Cette course on est entrain de la gagner. On enregistre une croissance de 1,3 millions de passagers par an, alors que la navette entre Bordeaux et Paris représente 900 000 voyageurs environ. On construit pierre à pierre notre développement. Le terminal low-cost Billi va être étendu d’ici juin 2015, date à laquelle il pourra accueillir six appareils au lieu de quatre. L’installation de Turkish Airlines, c’est une première étape pour les Grands Courriers et on pense que d’autres compagnies, apprenant cette implantation, vont se montrer intéressées.

En plus de l’extension de Billi, les d’infrastructures aéroportuaires vont-elles évoluer, dans les prochaines années ?

On réfléchit aux réaménagements des terminaux classiques et on va pouvoir s’y atteler plus tôt que prévu. La modernisation des voiries de l’aéroport est achevée, on pense à des possibilités pour améliorer le terminal A, sans se lancer dans des travaux pharaoniques. Et sur le Hall B, dans le scénario le plus pessimiste on prévoit que 90 % du trafic de la navette Bordeaux-Paris sera abattu. Il y aura donc une plus grande disponibilité sur cet espace.

Où en est-on sur la question d’une liaison aéroport-centre ville, maintes fois débattues ces dernières années ?

Je pense que la solution la plus simple et la moins coûteuse est une liaison par bus entre l’aéroport et Pessac Alouette, qui permet ensuite aux voyageurs de prendre le TER jusqu’à la gare Saint Jean. Le trajet n’est que d’une vingtaine de minutes mais comporte, il est vrai, une rupture de charge.