Girondins HBC: Bruno Pagès, l’atout professionnalisme numéro un

HANDBALL Bordeaux compte sur son gardien de but, de retour après cinq mois de blessure pour assurer son maintien en Pro D2 avant d’espérer mieux à moyen terme…

Marc Nouaux

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Bruno Pagès pose dans les rues de Bordeaux le 5 mars 2014.
Bruno Pagès pose dans les rues de Bordeaux le 5 mars 2014. — S. Ortola / 20 Minutes

«Si j’avais un mot pour le définir, ce serait professionnalisme.» L’hommage est signé Antoine Damiens, le capitaine des Girondins. Comme l’ensemble du club, il est heureux du retour sur les parquets de Bruno Pagès, le gardien de but. A bientôt 34 ans, l’ancien Nantais (2002-2012), formé à Montpellier, se remet d’une rupture du tendon du biceps, qui l’a contraint au repos forcé depuis septembre, pendant que son équipe découvrait la Pro D2. Après avoir joué la deuxième période à Mulhouse il y a deux semaines, il va rejouer à domicile contre Valence, vendredi soir à Jean Dauguet.

«On voit bien qu’il a faim, qu’il a soif de revenir, apprécie son entraîneur, Erick Mathé. Il s’entraîne avec la fougue d’un adolescent. C’est l’exemple parfait du pro. Il arrive dans les premiers au gymnase et il est tout le temps le dernier parti. Il est demandeur, c’est celui qui consomme le plus de handball dans le groupe.» Bruno Pagès, qui a connu l’élite en tant que troisième gardien de Montpellier derrière les monstres sacrés Bruno Martini et Thierry Omeyer puis à Nantes, c’est l’assurance expérience des Girondins HBC, huitièmes de Pro D2.

Il a déjà connu un projet identique à Nantes

«J’aime bien transmettre certaines choses, explique l’intéressé. Même si je n’ai pas fait une carrière internationale, je pense que j’ai certaines choses à amener à des joueurs de ce niveau-là à ce moment de leur carrière. J’essaie de m’exprimer plus, d’avoir de la crédibilité par rapport aux jeunes. Leur faire comprendre qu’ils ont de la qualité et qu’ils en aient conscience pour faire carrière. J’essaie d’avoir ce rôle là.» «C’est clairement un des cadres de l’effectif, insiste Antoine Damiens. En dehors de son niveau de jeu, c’est un énorme compétiteur qui apporte son enthousiasme.»

Mais surtout son histoire. Barré à Montpellier alors qu’il a 22 ans et qu’il reste sur un titre de champion de France en tant que troisième gardien, Bruno Pagès décide de signer en N1, à Nantes. En dix saisons, il va connaître deux montées, jusqu’en LNH. Forcément, lorsqu’il est arrivé à Bordeaux, alors en N1, il y a un an et demi, la comparaison était inévitable. Et s’il rééditait la même performance avec le GHBC? Même contexte, un club de troisième échelon national, dont l’ambition est de parvenir jusqu’à l’élite sur le long terme, dans une grande ville de France. «Des fois il y fait référence, raconte Mathé. Mais il communique surtout par sa rigueur et sa volonté permanente de réussir. C’est une figure d’exemple. Et on se dit que ce n’est pas un hasard s’il a vécu cette histoire à Nantes et qu’avec lui, on a déjà connu une montée en un an.»

«Participer à l’éclosion du club même si je ne serai pas à la finalité»

Lorsqu’il était arrivé à Nantes, ses coéquipiers le prenaient pour un fou lorsqu’il annonçait qu’il était possible de rejoindre l’élite. A Bordeaux, même s’il a évoqué l’idée, il s’est montré plus prudent. «Je n’ai pas osé car le contexte économique est différent, reconnaît-il. Je n’ai plus le même âge non plus. Quand je suis arrivé à Nantes, j’avais 23 ans. Là, j’en ai 34. Je sais que si le club arrive en LNH à un moment, je n’y jouerai pas longtemps. Il faut rester lucide. J’ai envie de participer à l’éclosion du club mais je ne serai pas à sa finalité.»

Pour l’heure, Pagès, qui devrait prolonger son contrat, s’attache surtout à «retrouver un vrai niveau» pour aider son équipe à décrocher le maintien en Pro D2. Avant peut-être de viser plus haut pour quelqu’un qui n’aime pas la facilité. «Quand je suis arrivé ici, je sortais de dix ans à Nantes qui m’avait proposé une reconversion en CDI avec un salaire correct. J’ai préféré venir à Bordeaux car j’avais envie d’une aventure humaine et sportive. Ce sont des choses que l’on ne vit pas toute une vie. C’était aussi un défi de savoir si j’étais capable de revenir après une longue blessure [un an d’indisponibilité en 2011 après une rupture des ligaments croisés du genou]. On a déjà réussi à franchir un palier en montant de N1 en D2. L’objectif à court terme c’est déjà de se maintenir en Pro D2, à moyen terme de faire les play-offs pour tutoyer le haut du tableau de la Pro D2 et à plus long terme, d’atteindre la LNH un jour. Je suis déterminé à en faire partie.»