Surendettement : «L’argent est tabou, on en parle seulement quand on est au bout du bout»

ECONOMIE La Banque de France a rendu le rapport d’activité de la commission de surendettement de la Gironde, ce mardi…

Elsa Provenzano

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La Banque de France, rue Esprits des lois à Bordeaux. 
 
La Banque de France, rue Esprits des lois à Bordeaux.   — E.Provenzano / 20 Minutes

La Banque de France aide, depuis 1989, les personnes qui ne peuvent plus faire face à leurs dettes non-professionnelles. En 2013, 4842 dossiers de surendettement ont été déposés auprès de la commission, en Gironde. Un chiffre en légère progression de 2,13 % par rapport à 2012 et supérieur à la hausse nationale de 0,95 %. L’association Familles en Gironde, qui siège à la commission de surendettement de la Gironde, traite 15 % des dossiers. La plupart des  personnes sont orientées vers l’association  par des travailleurs sociaux et des assistantes sociales. «Cette année, on a reçu pas mal de demandes d’auto-entrepreneurs et d’entrepreneurs individuels», remarque Dominique Lamouroux, coordinatrice des services à Familles en Gironde. Ces professions ne peuvent pas passer par la Banque de France qui s’occupe uniquement des particuliers, elles dépendent du code du commerce. «Or le tribunal de commerce, c’est plus lourd et ça fait peur » pointe la coordinatrice. Il suffit d’un seul crédit commercial pour que le dossier soit refusé par la Banque de France.

« Beaucoup de travailleurs pauvres »

Selon les informations de la Banque de France, 47 % des  personnes qui déposent un dossier de surendettement  ont des ressources inférieures au SMIC et 75 % des dossiers étudiés concernent des dettes de charges courantes : eau, électricité, loyers impayés. L’endettement moyen est d’environ 40 000 euros en Gironde. «Il y a beaucoup de travailleurs pauvres, de gens séparés, de femmes seules avec des enfants et de retraités», constate Dominique Lamouroux.  Le préfet de la Gironde Michel Delpuech, qui préside la commission, a insisté sur la nécessité de parvenir à «sensibiliser davantage les bailleurs sociaux pour maintenir les débiteurs dans leurs logements. Pour bien faire, il faut faire tôt. Quand on voit, en commission, qu’il y a des dettes lourdes chez les bailleurs sociaux, il faut voir ce qui n’a pas marché ».

«La prévention dans le domaine du surendettement est difficile. L’argent est tabou et on en parle seulement quand on est au bout du bout», remarque de son côté Dominique Lamouroux.