Bordeaux, une ville écolo, mais pas encore assez verte

ENVIRONNEMENT Bordeaux est la ville qui accorde le plus d'importance à sa biodiversité. Mais elle a moins d'espaces verts que la moyenne française...

Mickaël Bosredon

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La place Gambetta, à Bordeaux
La place Gambetta, à Bordeaux — M.BOSREDON/20MINUTES

Bordeaux, ville verte? Si la capitale aquitaine ne figure pas dans le Top 10 du palmarès établi par l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep), que 20minutes a révélé en exclusivité ce mercredi, elle est en revanche numéro un à la catégorie Biodiversité. «Bordeaux, Angers et Marseille sont les trois villes déployant le plus de démarches innovantes à grande échelle en matière de protection et d’encouragement de la biodiversité (éco-pâturage, ruches urbaines, pigeonniers…)» explique l’étude.

Elle figure également en dixième position à la catégorie «Déchets Verts» (villes ayant mis en place la meilleure politique de tri des déchets verts).

«Traitement écologique des espaces verts»

Pour la municipalité, ce classement est le fruit d’un travail mis en place depuis une dizaine d’années. «Nous n’utilisons plus aucun produit phytosanitaire depuis 2009, souligne Anne Walryck, maire-adjointe chargée de l'environnement. Ce qui veut dire que nous avons pris les devants par rapport à l’objectif zéro phyto en 2018.»

L’élue explique également que «douze parcs et jardins ont reçu en juillet 2013 le label Espace Vert Ecologique.» La ville a en effet mis en place un «traitement écologique» de ses espaces verts, lui permettant de «diminuer de 53% la consommation d’eau pour l’ensemble du patrimoine, et de 80% pour les espaces verts, entre 2002 et 2012» assure Anne Walryck. «Pour cela, nous avons adopté différentes mesures, comme le goutte à goutte qui permet d’arroser uniquement là où il y en a besoin. Nous avons également changé l’essence de nos plantations, pour privilégier les espèces locales, et résistantes à l’impact du réchauffement climatique.»

Conserver l’humidité des sols

La politique du traitement des déchets verts a également évolué. «Nous trions désormais nos déchets in situ, c’est-à-dire qu’ils sont réutilisés sur place, notamment pour servir d’engrais naturels. Cela permet en plus de conserver l’humidité des sols.» Autre technique pour garder la fraîcheur des pelouses: «Nous les tondons tous les quinze jours, au lieu d’une fois par semaine.» Enfin, des récupérateurs d’eau de pluie ont aussi été installés dans les parcs de la ville.

Bordeaux a également été labellisée «refuge LPO (Ligue de protection des oiseaux), grâce à «217 refuges pour oiseaux.»

25 m2 d’espaces verts par habitant

Avec 605 hectares de parcs et jardins dans la ville (ce qui représente 12% du territoire de la ville), Bordeaux offre environ 25m2 d’espaces verts à chaque habitant. C’est en dessous de la moyenne nationale des cinquante grandes villes françaises (31 m2 par habitant), et loin derrière les trois municipalités qui figurent en tête du classement des villes les plus vertes, Angers (51m2), Nantes (34m2) et Limoges (52 m2). Mais c’est plus qu’à Paris (14m2). L’objectif de la municipalité est qu’il n’y ait plus un Bordelais «à plus de 500 mètres d’un parc ou jardin d’ici à 2020.»

Pour cela, Anne Walryck souligne que «les projets sont nombreux, comme l’extension du parc aux Angéliques rive droite, la poursuite de l’aménagement des quais de Queyries et de Brazza.» Des projets plus modestes sont aussi dans les tuyaux. «Nous disposons déjà de dix-huit jardins partagés, il y en aura quatre de plus en 2014. Nous allons poursuivre l’aménagement de rues végétalisées, et lancer des travaux très prochainement de réhabilitation de parcs, comme le parc André Meunier, dont les travaux doivent débuter début mars, et d’espaces verts, comme celui de la place Gambetta, qui sera entièrement repensée, avec une plus grande place accordée aux piétons.»