Top 14: Laurent Marti est «fier» de son travail et «n’a pas honte de le dire»

RUGBY Le président de l’UBB est heureux de la belle saison que vit son club mais reste mesuré tellement l’issue du championnat est incertaine…

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Laurent Marti a de l'ambition.
Laurent Marti a de l'ambition. — s.ortola / 20 minutes

Laurent Marti, le président de l’UBB, ne s’enflamme toujours pas. Malgré les belles performances répétées de ses joueurs depuis le début de la saison, l’Union n’est pas sûre de se maintenir tout comme elle peut encore espérer la sixième place, synonyme de barrages pour le titre de Champion de France et de qualification en H-Cup.

Est-ce que vous respirez mieux depuis cette victoire bonifiée contre Grenoble ?

Oui mais je ne sais pas si on reconnaîtra un championnat comme celui-ci. Que faut-il penser ? Si Oyonnax gagne son match en retard, ils seront à 38 points. Il y aurait trois équipes à 38 points dont une sera reléguée. Et nous, on n’en a que 42. On en vient à se dire que si on n’avait fait que match nul contre Grenoble, cela aurait été une catastrophe. Donc respirer… Pfff! On est content oui, mais il n’y a absolument rien d’acquis, cela devrait se jouer peut-être dans les deux dernières journées.

Est-ce frustrant de se dire que malgré la saison exceptionnelle que vit l’UBB, à la fin vous pouvez tout perdre ?

Je préfère que ce soit comme ça. Contrairement à quelques gros clubs qui aimeraient se partager entre eux les droits de retransmission télévision, je préfère cette compétition. Cela assure une belle promotion pour notre sport avec du suspens. Personne ne sait qui terminera premier, qui se qualifiera en H-cup ou qui va descendre. Ce n’est pas frustrant mais enivrant.

Lorsque vous regardez le classement de l’UBB et les progrès accomplis depuis l’an passé, êtes-vous fier ?

Oui, quand même. Je n’ai pas honte de le dire. Surtout cette année. Je mesure le chemin parcouru, je vois l’engouement autour de ce club, et pas seulement en Gironde puisque l’on reçoit des témoignages de sympathie à travers toute la France. Je suis vraiment heureux de ce qu’il nous arrive.

Ce club est dans une constante dynamique, comment la conserver ? Au-delà des résultats sportifs, que devez vous faire pour que cela se poursuive ?

Le plus important, c’est l’état d’esprit. J’essaie d’en être le garant. C’est basé sur des valeurs simples, de rigueur, d’humilité, tout en étant ambitieux. On sait que l’on veut gagner un jour un bouclier de Brennus. Ce sera compliqué mais on peut le faire tout en gardant cet état d’esprit. On ne veut pas se prendre pour d’autres.

Est-ce facile d’anticiper la saison prochaine alors que le classement final de cette année est encore très incertain ?

C’est plus facile que les années précédentes en tout cas car peu de gens nous voient descendre. On n’a plus les mêmes freins que l’année dernière. Au niveau des partenaires, qui n’ont plus peur de s’engager mais surtout au niveau des joueurs qui ne doutent plus. On sent chez les gens cette lueur quand on leur parle. Ils se disent: «Tiens, il y a quand même un truc qui se passe là-bas». On sent que l’on donne envie et que les gens veulent croire en notre histoire.

Si l’UBB se qualifie pour la H-Cup dès la saison prochaine, il n’y aurait pas un risque de monter trop haut trop vite ?

Pas une seconde. On y arriverait en restant les mêmes. Le bonheur n’attend pas. On n’est jamais sûr de revenir un jour. Et puis la H-Cup, ce serait une vitrine fantastique. On serait tout à coup dans la cour des grands. On ne rajouterait pas cinq joueurs, sinon on risque de se griller financièrement, mais avec deux joueurs supplémentaires, en plus des deux que l’on veut déjà recruter (un troisième ligne et un arrière), cela suffirait.