Les voleurs dérobaient les meilleures bouteilles de grands Châteaux bordelais

Elsa Provenzano

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Illustration véhicule de gendarmerie.
Illustration véhicule de gendarmerie. — Vincent Wartner/20 Minutes

Quelque 300 gendarmes et spécialistes, appuyés par la section de recherches de Bordeaux ont procédé, ce lundi, à l’interpellation d’une vingtaine de personnes  en Gironde, dans le Tarn-et-Garonne, en Ile-de-France, dans le Pays-Basque et en Haute-Garonne.

«Parmi eux, un quart de braqueurs et trois quart de receleurs environ», a précisé le colonel Ghislain Rety, commandant le groupement de gendarmerie départementale de la Gironde. Les gendarmes ont agi dans le cadre d’une commission rogatoire, délivrée par un juge d’instruction bordelais. Poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, ils ont été placés en garde à vue.

L’ensemble du réseau aurait été démantelé, selon les enquêteurs. L’enquête de la cellule de la gendarmerie, baptisée «Cassevin» avait débuté en juin 2013. Le travail d’écoute a été déterminant pour l‘avancée des investigations. Quelque 60.000 conversations ont été décortiquées par les enquêteurs, avant les interpellations.

«Visiblement, pas de complicité interne»

Les voleurs, très organisés selon les enquêteurs, opéraint selon le même schéma à chaque fois. Ils n’emportaint pas un volume important de bouteilles mais choisissaient de grands crus recherchés. Ils se rendaient sur les lieux à bord d’un véhicule volé.

«Ils étaient bien renseignés, notamment grâce à un gros travail d’observation», pointe le colonel Ghislain Rety. «Visiblement, il n’y a pas eu de complicité interne. Ils étaient rompus aux techniques de surveillance et de braquage», ajoute Eric Baille, commandant du groupement de gendarmerie de Mérignac.

Pour éviter que les enquêteurs ne remontent jusqu’à eux, les malfaiteurs aspergeaint ensuite les lieux de détergents (javel, chlore). Le véhicule volé etait ensuite retrouvé incendié, quelques jours plus tard. On sait que le commanditaire était implanté en Gironde et que les profils des recéleurs étaient très variés: particuliers, cavistes et restaurateurs.

Plus d’un million d’euros de préjudice

Chez les auteurs présumés, les gendarmes ont trouvé de très fortes sommes d’argent (pour l’instant plusieurs dizaine de milliers d’euros, mais le décompte n’est pas terminé), des armes de poing et des armes de chasse, et du matériel volé (électronique, hifi…).

Le préjudice relatif aux seuls vols de bouteilles (quelques centaines dénombrées à l’heure actuelle) dans une quinzaine de châteaux bordelais s’élève à plus d’un million d’euros. La gendarmerie ne voulant pas «stigmatiser» les châteaux victimes de ces vols, elle n’a donné aucun nom.

L’enquête se poursuit et pourrait permettre de découvrir d’autres victimes de ce réseau.