Avis de tempête sur les oiseaux marins

BIODIVERSITE Environ un millier d'oiseaux marins ont été retrouvés morts depuis vendredi sur le littoral du Sud-Ouest. Les multiples tempêtes de ces dernières semaines seraient à l'origine de cette hécatombe...

Mickaël Bosredon

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Des macareux moine, oiseaux cousins du pingouin, retrouvés morts le 10 février 2014 à Sainte-Marie de Ré
Des macareux moine, oiseaux cousins du pingouin, retrouvés morts le 10 février 2014 à Sainte-Marie de Ré — XAVIER LEOTY/AFP

Il a suffi à Mathieu Fannier de parcourir seulement cinq kilomètres, dimanche au sud de la plage de La Salie (La Teste de Buch), pour dénombrer «37 Macareux moine, dix Guillemot et trois mouettes tridactyles.» Sur ces cinquante oiseaux, un seul était encore vivant. Ce dernier a rejoint le centre de soins pour oiseaux d’Audenge, où la Ligue de protection des oiseaux (LPO) héberge une soixantaine de Macareux, retrouvés sur les plages du Sud-Ouest depuis vendredi. Pour un total d’environ un millier d’oiseaux morts.

«Morts de fatigue»

«Une hécatombe», déplore Mathieu Fannier, chargé de mission «Valorisation Biodiversité» à la LPO. « Nous n’avons jamais vu cela, assure-t-il. Le Macareux est un cousin du pingouin que l’on trouve très rarement sur nos côtes. L’hiver, il vit en plein océan, au large de l’Atlantique, et le reste de l’année il niche au nord de l’Europe, et un peu en Bretagne.»

La raison de ce phénomène ne fait aucun doute pour la LPO. «La série de tempêtes qui sévit depuis le début de l’année sur l’Atlantique, est en train d’épuiser cette espèce. A cause des vents violents, ces oiseaux n’arrivent plus à plonger dans les eaux pour se nourrir, et ils sont poussés vers les côtes, où ils arrivent, la plupart du temps, morts de fatigue.»

La LPO réitère ses conseils aux promeneurs qui trouveraient des individus encore vivants. «Il faut les placer dans un carton, et les réchauffer, à l’aide d’une bouillotte enroulée dans un chiffon, et surtout ne pas les nourrir ni les hydrater.»

Le phénomène concernerait l'ensemble des côtes françaises, et surtout la côte Atlantique, où quelque 5.000 oiseaux morts auraient été trouvés jusqu'en Bretagne.