Girondins: Poko veut que son style de jeu atypique soit sa «marque de fabrique»

FOOTBALL Le jeune milieu de terrain de Bordeaux est un récupérateur de ballons hors pair mais il manque encore de concentration pour s’installer durablement au plus haut niveau…

Marc Nouaux

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Le milieu de terrain gabonais des Girondins, André Poko.
Le milieu de terrain gabonais des Girondins, André Poko. — P. Emile / Sipa

André Byogo Poko n’est pas un footballeur comme les autres. Agé de 21 ans, le milieu de terrain des Girondins, né et formé au Gabon jusqu’en 2011, a débarqué en Gironde grâce à un match amical contre sa future équipe où il avait été le meilleur joueur à 18 ans à peine. Et grâce aussi à son ancien sélectionneur, Gernot Rohr, qui vit toujours en Gironde et qui l’a pris sous son aile. «Il peut faire une belle carrière, envisage l’Allemand, pas peu fier de le voir percer depuis un an au sein de l’équipe pro. Pour prendre les ballons dans les pieds de l’adversaire, c’est le meilleur.»

Récupérer des ballons, harceler les milieux de terrain adverses, voici le job de Poko sur un terrain. Contre le PSG en Coupe de la Ligue en janvier, son action décisive, lorsqu’il a chipé le ballon à Rabiot avant de marquer, symbolise son style de jeu, fait de fougue, de ténacité et de spontanéité. Une denrée rare aujourd’hui pour un entraîneur de Ligue 1. Et ce style atypique dans notre championnat, le Gabonais d’origine camerounaise l’a toujours cultivé.

«Quand j’étais gamin, j’aimais déjà presser les défenseurs»

«Quand j’étais gamin, raconte-t-il, j’aimais bien jouer devant et j’aimais déjà presser les défenseurs. Après on m’a dit que c’était mieux de jouer défenseur ou milieu car ce serait plus facile pour moi de courir derrière les ballons.» Conscient qu’il sera toujours un travailleur de l’ombre, Poko assume de devoir rester un besogneux pour percer au plus haut niveau. «C’est mon point fort, insiste-t-il. Je suis obligé d’en faire ma marque de fabrique. Si je suis là c’est grâce à ça.»

Blessé pendant trois mois cet automne, alors qu’il s’imposait progressivement comme un titulaire dans l’équipe, Poko regrette ce coup d’arrêt qui lui fait perdre du temps aujourd’hui. «Ça m’a vraiment coupé dans mon élan. C’était un coup dur et maintenant que je me suis remis, j’espère retrouver mon niveau car j’ai beaucoup perdu.»

«Il faut que j’ajoute plus d’intelligence dans mon jeu»

Pour regagner sa place, l’international gabonais n’hésite pas à demander toujours plus de conseils à ses proches, dont son agent et surtout Gernot Rohr. «Je les ai très souvent au téléphone, précise-t-il. Je les appelle pour débriefer pour savoir ce que j’ai bien fait et ce que j’ai raté. S je suis titulaire, avant le match je leur demande de calculer les ballons récupérés et perdus pour que je voie mes statistiques. Gernot, je l’appelle après certains matchs, je veux savoir ce qu’il a vu et ce qu’il faudrait que je rectifie.»

Et aujourd’hui, le principal défaut qu’il déplore, c’est son manque de concentration. «Je peux faire un match avec une très bonne première période et en deuxième, j’ai un gros coup de relâchement. J’en ai parlé avec un joueur expérimenté, Brech’ [Jérémie Bréchet], qui m’a dit, "il te faut plus de concentration car si tu la perds, tu n’es plus le même joueur". Il faut que j’ajoute plus d’intelligence dans mon jeu.» Lucide sur ses qualités et défauts, Poko doit maintenant gagner en régularité pour enfin gagner sa place dans le onze de départ des Girondins.