Girondins: Maxime Poundjé estime avoir vécu «la période la plus compliquée» de sa carrière

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Maxime Poundje à la lutte avec le Parisien Zlatan Ibrahimovic lors du Trophée des Champions à Libreville (Gabon), le 3 août 2013. 
Maxime Poundje à la lutte avec le Parisien Zlatan Ibrahimovic lors du Trophée des Champions à Libreville (Gabon), le 3 août 2013.  — FRANCK FIFE / AFP

Recordman européen du nombre de cartons rouges cette saison (trois en neuf matchs de Ligue 1), Maxime Poundjé (21 ans) traverse une période difficile depuis trois semaines, date de sa dernière expulsion face à Toulouse. Le jeune latéral gauche raconte comment il vit la mise à l’écart qu’il subit depuis.

Que s’est-il passé depuis ce carton rouge, il y a trois semaines ?

Je me suis ressourcé pour aller de l’avant. J’ai discuté avec la famille, avec les amis, les proches, histoire de m’évader un peu pour faire le vide dans tout ça.

Avez-vous eu une discussion avec le staff technique à propos de toutes ces expulsions ?

Oui, on a un peu discuté, le lendemain du match. De la faute que j’ai faite. C’était constructif. Tout ça contribue à ma construction d’homme, cela va me permettre de grandir et de ressortir plus fort.

Justement, quel est votre problème aujourd’hui ?

C’est le timing, il faut être attentif, faire attention au moindre détail. Il faut être plus calme à l’abord du match, mieux gérer tous ces événements mais il n’y a pas le feu au lac. Ce sont des erreurs qui font partie de l’apprentissage.

Vous n’êtes pas assez calme lorsque vous avez un match à disputer?

Avant le match, ça va, mais pendant, il y a certaines situations que je pourrais négocier avec plus de calme. Je veux trop bien faire, trop vite alors que parfois, il faut prendre le temps. Parfois aussi, plus jeune ça m’est arrivé. Je sais que je peux le faire. En début de saison, par exemple, lors du Trophée des Champions, c’était un gros match et j’ai réussi à être calme comme lors d’autres rencontres. Je travaille pour retrouver cette sérénité et ça va revenir.

Depuis ce carton rouge, vous n’avez plus rejoué, vous étiez prévenu que vous alliez être un peu «mis au placard» ?

J’avais eu une discussion avec le coach, je m’y attendais. On dit souvent «un mal pour un bien» mais je ne sais pas si c’est un mal. Parfois, il faut reculer pour mieux sauter. Je crois en mon étoile, je sais que je vais y arriver, j’en suis convaincu. Je ne doute pas intérieurement. Le coach m’a dit, «parfois, sur le terrain, tu veux trop bien faire, tu veux te précipiter et là, quand je te parle, en face de moi je vois un gars très calme. Ca va venir, tu l’auras sur le terrain ce calme, mais il faut laisser un peu de temps.»

C’est le moment le plus dur de votre carrière ?

On peut dire que oui, c’était la plus compliquée. Ca ne m’était pas arrivé de prendre autant de rouges en aussi peu de matchs. Déjà, avant, je ne pensais pas aux cartons, et maintenant, il y en a et rouges en plus! Mais je suis persuadé que ces échecs-là vont me permettre d’être costauds. Il faut en passer par là. Aujourd’hui, j’ai 21 ans, je pense que c’est «une chance» de connaître ça maintenant.

Vous devez vous faire chambrer par certains coéquipiers, cela vous énerve t-il?

Oui, ça arrive de temps en temps. Avec Lucas Orban, on joue au poste qui a pris le plus de cartons rouges et apparemment, j’ai la statistique la plus élevée au niveau européen… Mais ça ne m’énerve pas, cela fait partie du jeu…

Etes-vous inquiet à l’idée de ne plus beaucoup jouer cette saison comme il ne reste plus que la Ligue 1 ?

Non. C’est vrai que ça tourne plus facilement quand il y a plus de matchs mais aujourd’hui, j’ai joué quinze matchs officiels, il y a eu de bonnes choses et d’autres moins bonnes. Aujourd’hui, l’objectif, c’est de travailler pour progresser et ça passe par de bons entraînements. Mais on ne sait pas ce qu’il peut se passer. Dieu te donne toujours une chance, ça ne sert à rien de vouloir aller trop vite. Je ne suis pas inquiet. Ca passe par le travail. On peut croire en son étoile, si on ne fait rien pour aller chercher la réussite, on n’arrive à rien. Ce que j’ai aujourd’hui, on ne me l’a pas donné. On peut avoir un peu de talent, ça ne suffit pas. C’est sur le long terme que ça peut payer.