Quand Sarkozy fait de l'oeil à Juppé

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« Alain, tu as raison. » Voilà les mots qui ont rythmé à plusieurs reprises le discours de Nicolas Sarkozy hier soir, lors du troisième et dernier débat de précampagne électorale organisé par l'UMP. L'hôte de la soirée, Alain Juppé, y prononçait son premier discours officiel devant les membres du parti depuis son retour d'exil au Québec. Il avait d'ailleurs tenu à ce que Bordeaux soit choisie pour accueillir ce rendez-vous.

Ce n'était pas lui pourtant la star de la soirée, mais bien les deux candidats à la candidature, Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie, arrivés loin devant lui à l'applaudimètre. Ça n'est d'ailleurs pas à la tribune, aux côtés des autres intervenants de la soirée, mais dans la salle, au premier rang, que le maire de Bordeaux a pris place dès la fin de son discours d'ouverture. Spectateur plus que participant du débat, il y a quand même rappelé la nécessité pour le parti de se rassembler autour d'un candidat unique, et développé « les messages » qu'il souhaite voir marquer la campagne électorale : la mondialisation à humaniser, l'urgence écologique, le respect de la diversité et la lutte contre le fanatisme, la relance d'un vrai projet politique pour l'Europe. Si le chiraquien Alain Juppé a bien pris garde de ne pas exprimer de préférence entre les deux candidats déclarés, Nicolas Sarkozy, lui, n'a pas lésiné sur les hommages à « Alain ». « Alain Juppé est une voix politique qui compte et qui jouera un rôle dans les mois à venir et plus tard », a-t-il assuré entre deux éloges des réflexions exprimées par son prédécesseur à la tête de l'UMP. Enfin, alors qu'Alain Juppé avait invité les intervenants à revenir à Bordeaux quand « ils auront plus de temps libre », Nicolas Sarkozy lui a répondu par une de ces petites phrases qu'il affectionne : « Je veux revenir plus tard, que j'aie du temps libre ou pas. »

Sophie Lemaire

« Les Français sont un peuple de bon sens, les paillettes ne les impressionnent pas longtemps. Ils veulent du fond autant que de la forme », a déclaré Alain Juppé, référence implicite à Ségolène Royal.