Bientôt le tram-train sur le pont Chaban Delmas?

TRANSPORTS Le président de la communauté urbaine de Bordeaux annonce qu'il souhaite relier le pôle de Cracovie à Cenon Pont-Rouge avec un tram-train qui roulerait sur le pont Chaban Delmas...

Mickaël Bosredon

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Les premiers véhicules à circuler sur le pont Chaban. 
 
Les premiers véhicules à circuler sur le pont Chaban.   — S.Ortola / 20 minutes

Bientôt un tramway sur le pont Chaban-Delmas? C’est en tout cas le souhait de la Communauté urbaine de Bordeaux, soutenue par la région Aquitaine, qui ont présenté ce vendredi leur projet de tram-train entre le futur pôle d’échange de Cracovie à Bordeaux, qui devrait être aménagé en 2017, et la gare de Cenon Pont-Rouge.

Tram-train? Oui, l’idée de Vincent Feltesse serait de prolonger le tram-train du Médoc, en cours de réalisation entre le pôle de Cracovie et Blanquefort, et Cenon, à l'opposé. «Il y a une évidence quand on regarde la carte des transports en commun sur l’agglomération, a déclaré Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux: il y a un réseau de tramway, il y a un réseau ferré périphérique, qui de la gare Saint-Jean passe par Pessac, Caudéran et nous amène jusqu’à Ravezies, et entre Ravezies et Cenon, il y a un trou.»

Un projet à 80 millions d’euros

Ce trou, les élus entendent le combler en se servant du pont Chaban-Delmas. «Il a été conçu pour accueillir ce type de transports. Les candélabres serviraient de LAC (Lignes aériennes de contact) pour poser les caténaires» explique Gérard Chausset, vice-président de la CUB en charge des Transports. Du pôle de Cracovie, la ligne emprunterait la place Latule, la rue Lucien Faure, où existe déjà une emprise ferroviaire non utilisée, et après le pont rejoindrait la gare intermodale de Cenon Pont Rouge, connectée au réseau de tramway et du TER. Actuellement en travaux, celle-ci passera à quatre voies en 2016, et devrait accueillir quelque 9.000 passagers par jour.

Estimé à 80 millions d’euros, ce projet serait plus coûteux qu’un bus à haut niveau de service, qui avoisinerait les 40 millions d’euros. «Mais il offre plus de solutions pour l’agglomération», note Vincent Feltesse, qui assure que la décision peut se prendre «rapidement, après les élections municipales.»

Un bouclage de l’agglomération en transports en commun

Ceci n’est que le premier étage de la fusée. Si la communauté urbaine et la région veulent un tram-train, c’est qu’ils espèrent dans un second temps faire rouler ce matériel sur la ceinture ferroviaire existante, «sous-utilisée» estime Gérard Chausset. Et ainsi parvenir à un bouclage circulaire de l’agglomération en transports en commun. «La demande de déplacement est telle que nous sommes déjà en train de réfléchir à ce qui circulera après la réalisation de la troisième phase du tramway, actuellement en cours» explique Vincent Feltesse.

«Ce serait un nouvel horizon pour la communauté urbaine, assure de son côté Gérard Chausset. Le tram-train de Blanquefort va se brancher sur la ligne C du tramway, et son matériel pourrait très bien emprunter la ligne ferroviaire de ceinture, pour aller jusqu’à la gare Saint-Jean ou Pessac-Centre, voire jusqu’au campus. C’est possible techniquement, mais la difficulté c’est de faire circuler des tram-trains sur le réseau SNCF. Il y a un véritable enjeu de gouvernance et de gestion autour de ce projet avec la SNCF et RFF. Et il va falloir que la SNCF s’assouplisse. Ce type de circulations existe déjà en Allemagne depuis des années.»

Le conseiller régional Patrick du Fau de Lamothe assure de son côté que la région Aquitaine est favorable à ce projet. Reste à convaincre l’Etat de bien vouloir mettre la main à la poche. Et de persuader la SNCF d’empiéter sur ses plates-bandes…