Le Signal pourrait être évacué d’ici la fin du mois de janvier

Elsa Provenzano

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La résidence Le signal, à Soulac-sur-Mer, exposé à l'érosion des dunes sur la façade atlantique.
La résidence Le signal, à Soulac-sur-Mer, exposé à l'érosion des dunes sur la façade atlantique. — S.ORTOLA/20MINUTES

Au « Signal », depuis huit jours, certains parmi les 78 copropriétaires ont déjà commencé à vider leurs affaires. «La ligne fatidique des 20 mètres a largement été franchie. Je conseille aux occupants d’enlever les objets auxquels ils tiennent», observe Jean-José Guichet, président du conseil syndical des copropriétaires du Signal. Sept personnes vivent à l’année dans l’immeuble. Mais d’autres viennent y passer le week-end, ou y séjournent six mois par an.  Faisant les frais de l’érosion de la côte, l’immeuble n’est plus qu’à 17,5 mètres des flots, contre 200 lors de sa construction, en 1967.

«Maintenant, on est dans l’urgence»

La possibilité de faire évacuer la résidence avant les grandes marées, attendues à la fin du mois de janvier est envisagée. « L’évacuation sera définitive si on ne peut plus garantir la stabilité du bâtiment », explique Frédéric Boudeau, directeur général des services à la communauté de communes de la pointe du Médoc.  « Nous n’aurons pas le choix, il faudra agir en fonction de la météo qui sera annoncée pour le 28 janvier et les jours suivants. A mon avis, un scénario d’évacuation est déjà prêt », commente Jean-José Guichet. Il estime que les études ont été multipliées, depuis quinze ans, sans faire avancer le dossier. «Et maintenant, on est dans l’urgence», déplore t-il. L’avenir de l’immeuble a été fixé récemment, après la visite, le 6 janvier, de Michel Delpuech, préfet d’Aquitaine.  Il s’était rendu en urgence à Soulac, après le passage de la tempête Hercules, pour survoler les lieux en hélicoptère et prendre la mesure de la situation.

Le rachat public bien accepté localement

Le préfet a proposé que l’immeuble fasse l’objet d’un rachat public via le fonds de prévention des risques naturels majeurs, appelé Fonds Barnier. «Un rachat public et une déconstruction, c’est une issue intelligente pour le Signal», commente-t- il. Les politiques locaux s’accordent sur cette proposition : « C’est réellement une solution de bon sens car il n’y a aucune certitude sur l’efficacité d’un ouvrage de défense et le ré-ensablement ne fait que diminuer les effets de la houle. On donne à manger à la mer », commente Benjamin Bardineau, directeur de cabinet du maire de Soulac. « Il n’y a pas d’autres solutions puisqu’on ne peut pas protéger définitivement le bâtiment. L’intérêt général commande de faire ce choix », ajoute Frédéric Boudeau, directeur général des services à la communauté de communes de la pointe du Médoc.

Des négociations ardues s’annoncent avec les copropriétaires

En octobre 2012, le Signal a été évalué à 10,9 millions d’euros par Les Domaines, hors coûts de déconstruction, et sans prise en compte du risque. Dans le cas d’un recours au fonds Barnier, L’Etat débourserait 50 % du prix du rachat. Des négociations vont être menées par la mairie et l’intercommunalité avec l’ensemble des copropriétaires pour se mettre d’accord sur un montant. «L’estimation, trop faible, a été faite par les Domaines, autrement dit l’Etat, et par en fonction des prix sur le marché privé. Je tiens à dire que le Signal n’est pas une résidence de bobos ou de gens riches», lance Jean-José Guichet. Une fois le montant arrêté, restera la répartition entre les collectivités. La mairie se déclare juste «prête à des tables rondes». L’intercommunalité assure, elle, qu’elle prendra sa part «dans la limite de ses possibilités». Le budget de la communauté de communes étant de 11 millions d’euros, pour la gestion de 11 communes qui regroupent plus de 14000 habitants. La Région et l’Europe pourraient aussi être sollicitées sur ce dossier.

Il n’y a pas de date arrêtée pour le début des discussions sur les indemnisations mais il y a, de part et d’autre, la volonté d’aller assez vite. «On  demande juste l’équité car il y a des endroits sur la côte où les propriétaires sont mieux traités. Je pense que la négociation sera dure», déclare Jean-José Guichet.