A l'IUFM, on veut mieux faire ses classes

©2006 20 minutes

— 

Les professeurs des écoles stagiaires refusent d'être des bouche-trous. C'est en substance le message que voulaient faire passer hier les deux cent vingt stagiaires de deuxième année à l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). En grève toute la journée, ils protestaient contre le stage filé, une innovation qui consiste à leur attribuer une classe une fois par semaine, durant toute l'année. « Ce stage n'est pas une mauvaise idée, car il permet à l'élève de suivre une classe toute l'année, indique Véronique Jusot du Snuipp, le syndicat majoritaire des enseignants. Mais sa mise en place n'a pas été conçue comme un temps de formation. Par ailleurs, le contact avec le titulaire n'est pas aisé, car une classe, c'est difficile à partager. Il faudrait un temps de préparation avec l'enseignant, mais les stagiaires ne l'ont pas. »

« Dès le deuxième jour de la rentrée scolaire, nous avons été catapultés dans une classe sans aucune formation et sans accompagnement. Certains se sont retrouvés avec des doubles ou triples niveaux à gérer », regrette Emilie, professeur des écoles stagiaire. « L'enjeu est purement budgétaire », ajoute Annie Vuarand, formatrice à l'IUFM. Ce système permet, en effet, aux enseignants de prendre leur décharge pour faire de l'administratif ou de remplacer des professeurs qui sont à 80 %. Dès avril, les formateurs de l'IUFM s'étaient opposés à ce système : « Avec des décisions comme celle-là, on a l'impression que ce métier est à la portée de tout le monde », s'insurge Annie Vuarand, qui s'inquiète de voir les stagiaires stressés.

Jean-Claude Sallaberry, le directeur de l'IUFM d'Aquitaine reconnaît que la mise en place de cette innovation cette année a été « un peu hâtive ». Il n'a pu apporter hier de réponses concrètes à ses stagiaires qui demandent une demi-journée de préparation par semaine pour la classe, une semaine banalisée pour le mémoire et un tuteur réfèrent. « Nous allons étudier la demi-journée et la semaine banalisée, mais pour l'aménagement du stage, nous ne pouvons que relayer leurs demandes auprès du ministère », a expliqué le directeur.

Orianne Dupont