«Maintenant, le tram fait partie du mobilier à Bordeaux»

ANNIVERSAIRE Le tramway de Bordeaux fêtera samedi 21 décembre ses dix ans. Vital Mausole, le conduit depuis le jour de l'inauguration, dont il se souvient parfaitement...

Mickaël Bosredon

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Vital Mausole, un des premiers conducteurs de tram du réseau TBC à Bordeaux
Vital Mausole, un des premiers conducteurs de tram du réseau TBC à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20Minutes

Ce qu’il retient avant tout de ces dix années passées à conduire le tram bordelais? «Le jour de l’inauguration. La ville était noire de monde, le pont de Pierre envahi par la foule. J’ai du mettre 45 minutes pour faire Stalingrad-Porte de Bourgogne. Les gens jetaient des bouteilles de champagne sur les rames pour les baptiser…» Vital Mausole, 39 ans, est un des 365 conducteurs de tramway du réseau TBC. Le 21 décembre 2003, il conduisait la deuxième rame, celle qui se trouvait juste derrière le tramway présidentiel, dans lequel Jacques Chirac avait pris place aux côtés d’Alain Juppé.

Ancien chauffeur de bus pour le précédent exploitant du réseau, Veolia, Vital Mausole a suivi une formation pour passer sur le tram, et intégré les équipes de Keolis lorsque la filiale de la SNCF est devenu le nouveau délégataire de la TBC en 2008. «Un tram est très différent à conduire d’un bus, cela demande beaucoup de concentration, il faut avoir les yeux partout. Au début, les piétons y faisaient attention, mais maintenant il fait presque partie du mobilier bordelais, et avec les smartphones, les écouteurs, le risque d’accident est de plus en plus grand.»

«On ne s’ennuit jamais»

Vital Mausole n’a heureusement jamais vécu d’accident grave. En revanche, il lui est arrivé plusieurs histoires insolites. «Un jour, j’ai eu un mariage. Les deux mariés, et tous leurs invités, sont montés à la station Galin. Ils allaient à l’Hôtel de Ville, et ont choisi le tram comme moyen de transport. Il était bondé. C’était sympa.» Une autre fois, une jeune femme frappe à son carreau, et lui demande de regarder par terre. «Elle avait glissé son numéro de portable sur un ticket, et me demandait de la rappeler» rigole encore le conducteur. «Bien entendu, je ne lui ai jamais répondu » jure-t-il, en montrant bien sa bague au doigt. L’histoire de Serge le Lama a aussi, évidemment, alimenté les discussions entre conducteurs. «Quand on voyait à la machine à café celui qui a vécu cette histoire, on lui demandait sans cesse des détails!»

«Globalement, poursuit Vital, c’est un métier super-sympa. Souvent, les touristes nous font des signes car ils sont impressionnés par la technologie de l’alimentation par le sol. Je les vois, ils essayent de regarder sous les rails, pour essayer de comprendre comment ça marche. Et puis, les trajets ne sont jamais les mêmes, contrairement à ce que l’on peut penser. On ne s’enuit jamais.»