«Il est très déconseillé de faire son jogging sur les quais de Bordeaux en ce moment»

ENVIRONNEMENT L'agglomération bordelaise vient de connaître plusieurs épisodes de pollution aux particules fines ces derniers jours. Il est demandé aux particuliers de changer leurs habitudes quotidiennes...

Mickaël Bosredon

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Le feu de bois rejette des particules.
Le feu de bois rejette des particules. — SAKKI/LEHTIKUVA OY/SIPA

L’agglomération bordelaise a connu ces derniers jours plusieurs épisodes d epics de pollution aux particules (PM10, particules fines qui entrent dans les poumons). Selon une récente de l’OMS, celles-ci seraient responsables de 42.000 décès prématurés en France par an. Faut-il s’inquiéter pour autant? Sylvanie Chamaillard, responsable de la communication chez Airaq, l’organisme qui mesure la pollution de l’air en Aquitaine, répond aux questions de 20Minutes.

Que représentent les niveaux de pics de pollution aux particules?

Il existe deux niveaux de pics de pollution, le seuil d’information et de recommandation (50 µg/m3 d’air) et le seuil d’alerte (80 µg/m3 d’air). Ces deux seuils ont été abaissés par l’Union européenne depuis fin 2011, ce qui explique le dépassement plus fréquent depuis deux ans.

Pourquoi l’Aquitaine, et particulièrement l’agglomération bordelaise, sont-elles concernées en ce moment?

Sur l’Aquitaine, nous avons dépassé trois fois le seuil d’alerte depuis le 1er décembre, mais concernant les particules, ces seuils sont donnés à titre d’information, et ce que l’Europe surveille avant tout, c’est une exposition sur le long terme. A titre de comparaison, en 2012, nous avons connu 29 jours de dépassement du seuil d’information, et un jour de dépassement du seuil d’alerte, en 2013 nous en sommes à 23 jours de dépassement du seuil d’information, et trois jours du seuil d’alerte, ces trois derniers dans la semaine qui vient de se passer.

Quelles sont les principales causes de la pollution aux particules?

En 2012, nous avons connu un hiver pluvieux, une situation météorologique qui a tendance à disperser les particules. Ce n’est pas le cas actuellement, où nous avons des températures basses, notamment la nuit, et une situation anticyclonique, c’est-à-dire pas de vent et pas de pluie, ce qui a tendance à emprisonner les particules sous une sorte de cloche. Comme il fait froid, les gens ont tendance à chauffer davantage, cela se ressent. L’essentiel de la pollution aux particules se ressent de novembre à mars. Le chauffage à bois, et le brûlage de déchets verts, sont d’ailleurs le principal responsable des émissions de particules, devant le trafic routier.

Quelles sont les principales recommandations à donner au public?

Les personnes fragiles, à savoir les enfants, les personnes âgées, les personnes connaissant des difficultés respiratoires, doivent faire très attention à ne pas avoir d’activités physiques. Mais cette recommandation vaut pour tout le mode. Il est très déconseillé de faire son jogging sur les quais de Bordeaux en ce moment, car évidemment vous emmagasinez plus d’air, donc plus de particules. Dans les autres recommandations, il est demandé aux personnes qui utilisent les feux de cheminée en chauffage d’appoint, ou d’agrément, de ne pas en faire. Et surtout de ne pas brûler de déchets verts ! Concernant les déplacements, les émissions des véhicules, particulièrement des véhicules Diesel, sont aussi une source importante de particules, donc les transports en commun sont à privilégier quand cela est possible.

Quelle est la tendance pour les jours prochains?

Des prévisions de pluie pour ce week-end devraient dissiper la pollution. Mais un retour de l’anticyclone est prévu début de semaine prochaine.