Les crèches distancées par l'immobilier

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Création de trente-six places supplémentaires pour les tout-petits. Ouverte depuis septembre aux Chartrons, un secteur en pleine mutation, la crèche de la rue Barreyre a été inaugurée hier. Budget de l'opération : 1,87 million d'euros, partagés entre la ville de Bordeaux, la CAF et le conseil général. Quatre autres inaugurations s'annoncent dans les mois à venir, notamment à La Bastide et dans le quartier Sainte-Colombe.

« Aujourd'hui, les différentes structures permettent d'accueillir 3 900 enfants, soit la moitié des moins de 3 ans vivant à Bordeaux », se félicite Françoise Brunet, élue UMP à la Petite enfance. Le plan crèche lancé en 2001 est ainsi presque bouclé. « Une augmentation de la fiscalité d'un point, votée en 2001, a permis ces avancées », rappelle Claude Mellier, élue communiste d'opposition. Mais il reste beaucoup à faire et les parents doivent souvent prendre leur mal en patience. Julie, 32 ans, qui réside aux Chartrons, a contacté les crèches dès son premier mois de grossesse. A quelques jours de l'accouchement, elle ignore toujours si elle aura une place. « Mon inscription ne sera activée qu'à la naissance du bébé, angoisse-t-elle. On m'a dit que j'avais peut-être une chance pour le mois de juillet. »

Malgré une augmentation de 15 % des places en quatre ans, certains quartiers restent sous-équipés. « En particulier le centre historique et le nouveau quartier de La Bastide », note Claude Mellier. « Les projets immobiliers vont beaucoup plus vite que les projets sociaux », regrette Philippe Dorthe, conseiller général PS de Bordeaux-Bacalan. Or, la ville a connu une croissance démographique de 6,2 % entre 1990 et 1999, contre 3,2 % au national. « Peu d'assistantes maternelles s'installent à Bordeaux, ajoute Lydie Claude, conseillère en modes d'accueil au conseil général, car en périphérie, les logements sont mieux adaptés à la garde d'enfants. »

Marion Guillot

Bordeaux compte 625 assistantes maternelles et 52 crèches. La ville finance les crèches à près de 50 % (familles 20 % et CAF 30 %).