La conciergerie rend service aux habitants du quartier Ginko

Elsa Provenzano

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La conciergerie solidaire, installée à Ginko. 
 
La conciergerie solidaire, installée à Ginko.   — E.Provenzano / 20 Minutes

Les premiers habitants de Ginko ont commencé à emménager à l’automne 2012. Si le quartier grandit à vue d’œil, seuls 500 des 2200 logements prévus sont actuellement occupés et tous les commerces de proximité ne sont pas installés. En ce mois de novembre, dédié à l’économie sociale et solidaire, on s’intéresse à la conciergerie qui elle, «a essuyé les plâtres avec les habitants», raconte avec le sourire Sylvain Lepainteur, directeur de la conciergerie solidaire. Repassage, coutures, démarches administratives mais aussi garde d’enfants, coiffure à domicile, via des prestataires de l’économie sociale et solidaire, sont proposés aux habitants. Pour la structure, le bilan au bout d’un an est plus que positif puisque plus de 50 % des habitants installés sont abonnés à la conciergerie solidaire.

Succès pour le pressing et les services postaux

«Je suis venu chercher des lentilles de contact car c’est moins cher que dans le commerce et même que sur internet », explique Lionel, 40 ans, un habitant de l’écoquartier venu récupérer sa commande à la conciergerie. La structure ne fait pas de marge sur les services qu’elle propose, elle a un conventionnement associatif. Elle finance 15 % du projet sur ses fonds propres, la mairie 15 % aussi et Bouygues supporte les 70 % restants. Son objectif est de provoquer une émulsion propice à la création d’emplois.

Le pressing et les services postaux sont les services les plus demandés pour le moment. Des paniers de fruits et légumes sont aussi proposés en partenariat avec les p’tits cageots, basé à Talence. «On ne veut pas concurrencer les commerces qui s’installent progressivement mais juste être complémentaires. D’ailleurs quand la boulangerie a ouvert ses portes, on a arrêté de faire dépôt de pain », précise le directeur de la conciergerie solidaire.

Un fonctionnement très souple

Tout est livré à la conciergerie, ouverte de 17 h à 20 h, mais accessible avec un badge en dehors de ces horaires. Un  système de casiers permet, par exemple, de déposer une demande de renouvellement de carte grise et de venir la récupérer lorsqu’elle est prête. «On doit s’adapter à la demande des habitants. Ainsi on réfléchit à mettre en place un gardiennage d’animaux et un service de dépannage informatique», remarque Sylvain Lepainteur.

 Une association d’habitants créée

La conciergerie organise une fois par mois une animation dans le quartier. Ce jeudi elle convie à partir de 18 h 30, tous les habitants du quartier à un apéritif. Un rendez-vous convivial qui sera l’occasion d’annoncer la naissance d’une association d’habitants.

«Il y a eu d’emblée de bonnes relations entre les gens mais quand le quartier grandit, il n’est pas évident d’intégrer les nouveaux venus, au fur et à mesure. On veut développer un esprit collaboratif, une vraie vie de quartier et on pense que c’est bien que ça vienne des habitants », explique Céline Papin, une des initiatrices de l’association. Parmi les idées de la jeune structure : mettre en commun certains outils (perceuse, tondeuse) plutôt que de multiplier les achats et développer un pédibus pour emmener les enfants à l’école. Et la conciergerie pourrait coordonner cette gestion.

L’idée est aussi de porter des projets d’animation en lien avec le quartier voisin des Aubiers (une soupe populaire, des ateliers pour les enfants, des jardins partagés etc.). «On ne veut pas que Ginko devienne une enclave», assure t-elle. Des projets qui prendront toute leur ampleur avec la livraison des derniers logements en 2017, qui porteront à 6000 le nombre d’habitants.