La Cité du vin va donner du fil à retordre aux constructeurs

ARCHITECTURE Le bâtiment en cours de construction à Bordeaux, en forme de cylindre qui se retourne, s'annonce très complexe à réaliser pour les entreprises...

Mickaël Bosredon

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Le projet de Cité des civilisations du vin à Bordeaux
Le projet de Cité des civilisations du vin à Bordeaux — AGENCE XTU

C’est un chantier très complexe qui est en train de démarrer à Bordeaux, sur les bords de la Garonne. La construction du gros œuvre du projet de Cité des civilisations du vin a démarré ce mardi à Bordeaux. Et le bâtiment, signé de l’agence d’architectes X-TU devrait donner du fil à retordre aux constructeurs. Directeur du projet, Laurent Montaru, de la société GTM (filiale de Vinci construction) qui a remporté l’appel d’offres de la Cité du vin, explique que «la difficulté principale de ce projet réside dans sa forme arrondie, à laquelle tous les corps de métiers vont devoir s’adapter.»

«X-TU a récemment signé un gros cylindre qui serpentait pour un musée de la préhistoire en Corée, cette fois-ci, ils ont encore rajouté de la difficulté, en dessinant un cylindre qui se retourne. Mais on aime la difficulté» explique Gérard Marcilloux, directeur de l’agence Aquitaine de l’entreprise Smac, spécialisée dans la réalisation d’enveloppes de bâtiments, d’étanchéité ou encore de toitures végétalisées.

Sur la Cité du vin, Smac aura en charge l’étanchéité du bâtiment et la construction de la vêture métallique, c’est-à-dire la réalisation du manteau mis en œuvre directement sur la paroi du bâtiment, qui sera, elle, en lamellé-collé. « La complexité de ce chantier, est que nous allons devoir poser, au millimètre près, 3.000 panneaux tous différents dans leurs angles et leurs formes » résume Gérard Marcilloux.

3.000 panneaux métalliques, 900 en verre

Il y aura des panneaux métalliques, et d’autres en verre. Pour ces derniers, c’est la PME de Gradignan, Coveris, qui interviendra. «Pour nous, ce ne sera pas 3.000, mais 900 panneaux que allons devoir poser, eux aussi tous différents, certains étant dorés, d’autres sérigraphiés, et avec des systèmes d’attache différents, explique Dominique Thomasson, président de Coveris. Il va falloir tout inventer, c’est pourquoi nous avons investi dans un nouvel outil 3D, et qu’un ingénieur chargé de la modélisation nous a rejoint pour ce projet.»

Concernant la structure en lamellé-collé, sur laquelle viendront ces différents panneaux, elle aussi sera unique. «Nous allons devoir poser 700 arcs tous différents » explique la société Caillaud. Les 1.200m3 de bois seront de l’épicea et du douglas. Il n’était «pas possible» d’utiliser du pin des Landes pour ce projet, affirme la société.

«Les choses vont aller très vite»

Le gros œuvre du bâtiment devrait durer quatorze mois. La pose de la vêture devrait durer, elle, environ un an, en raison de sa complexité. «Nous prévoyons en tout 31 mois de travaux, soit une fin de chantier pour mars 2016» précise Bernard Dubos, de la direction générale des services techniques de la mairie de Bordeaux.

Sylvie Cazes, présidente de l’association qui porte le projet, affirme qu’«à partir de maintenant, les choses vont aller très vite. Parallèlement il faut préparer tout le reste, c’est-à-dire la partie culturelle et la scénographie, dans les deux années à venir, et deux ans c’est très court.»