Philippe Starck lance le Pibal, un vélo dessiné pour la ville de Bordeaux

DEPLACEMENTS Le célèbre designer a travaillé pendant deux ans sur un vélo qui fait également office de patinette, et qui sera uniquement proposé à Bordeaux…

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé et Philippe Starck, avec les premiers utilisateurs du Pibal, le 8 novembre à l'hôtel de ville de Bordeaux
Alain Juppé et Philippe Starck, avec les premiers utilisateurs du Pibal, le 8 novembre à l'hôtel de ville de Bordeaux — M.B.

C’est un vélo unique au monde, dessiné par le designer Philippe Starck exclusivement pour la ville de Bordeaux. Le Pibal a été officiellement présenté ce vendredi midi à l’hôtel de ville de Bordeaux, par le maire Alain Juppé et Philippe Starck. Une vingtaine d’exemplaires ont été livrés. Ils seront testés pendant environ deux mois par des Bordelais, et Alain Juppé lui-même, dans les rues de la ville, avant que la municipalité ne valide définitivement sa commande. Six cents exemplaires devraient être livrés entre janvier et février 2014 à la Maison du vélo de Bordeaux, cette structure qui propose quelque 4.000 vélos en prêt gratuit aux Bordelais. «Ceux qui sont actuellement disponibles sont en train de vieillir, a souligné le maire, il fallait donc les remplacer…»

L’histoire du Pibal a commencé en 2010 lorsque la ville, à l’occasion d’un colloque sur le vélo, a demandé à Philippe Starck: «Dessine-moi un vélo.» Aquitain «depuis vingt-sept ans», «amoureux» de Bordeaux, une ville qu’il «préfère par-dessus toutes les autres» le designer a relevé le défi, et a proposé ses services. Gratuitement. «L’avis des Bordelais a aussi été demandé et pris en compte» insiste Alain Juppé.

Fabriqué par Peugeot

Après la présentation d’un premier prototype en début d’année, quelques modifications ont été apportées, notamment sur la structure. La particularité du Pibal est en effet d’être à la fois une patinette et un vélo, pour permettre de mettre le pied à terre dans des zones particulièrement piétonnes. Et c’est à la jonction de ces deux éléments qu’une fragilité avait été repérée. Le problème a depuis été réparé, non sans mal souligne Philippe Starck. «On ne s’en rend pas bien compte en le voyant, mais ce vélo a représenté beaucoup de travail, pour moi, et l’ingénieur de Peugeot.» La marque française a été choisie pour la fabrication de l’engin.

D'une structure en aluminium, le Pibal pèse 16 kilos. Son nom fait référence aux alevins d'anguilles dans le Sud-Ouest. Le deux-roues est censé se déplacer comme eux dans les courants, c'est-à-dire de manière fluide.

Parmi les premiers utilisateurs, Alice Lacombe, 27 ans, est ravie. «J’adore tester tout ce que fait la ville, être là où les choses se passent. Alors, quand le concours pour tester le Pibal a été lancé sur Facebook, je me suis de suite inscrite.»

Bordelaise d’origine, la jeune femme habite le quartier de la Bastide, et pratique le vélo régulièrement, «le meilleur moyen de se déplacer dans Bordeaux», assure-t-elle.

Il sera également possible d'acheter le Pibal, au prix de 420€.