Ligue 1 : Trois hommes-forts au centre du renouveau des Girondins

Marc Nouaux

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Ludovic Obraniak a inscrit le deuxième but de Bordeaux contre Montpellier (2-0) le dimanche 27 octobre 2013.
Ludovic Obraniak a inscrit le deuxième but de Bordeaux contre Montpellier (2-0) le dimanche 27 octobre 2013. — S.ortola / 20 minutes

Sur le départ, blessés ou démotivés, ces trois-là ont loupé leur début de saison. Et le jeu des Girondins s’en est ressenti. Gregory Sertic, Jussiê et Ludovic Obraniak sont de retour à leur vrai niveau depuis quelques semaines. Et Bordeaux, qui reste sur une série de sept matchs sans défaite en Ligue 1, a retrouvé la première partie du tableau.

Sertic, le patron du milieu. Sa blessure à la cheville lors du Trophée des champions face au PSG en août a gâché son début de saison. Trois mois après, il retrouve ses sensations et le niveau qu’il avait l’an dernier. Il s’affirme de plus en plus dans son rôle de patron du milieu de terrain depuis le départ de Plasil dont il avait assumé l’idée de «prendre sa succession». A la fois récupérateur et passeur, il est un exemple de combattivité. Une notion qui a souvent fait défaut aux Girondins lors des deux premiers mois de compétition. Capable également de marquer comme il l’a fait à Nice, dimanche, Sertic est la valeur sûre de Francis Gillot au poste de milieu de terrain récupérateur.

Jussiê, l’autre recrue du mercato. On l’avait laissé en novembre 2012 à Lorient (victoire de Bordeaux 0-4). Un doublé, et un vrai show offensif à la Jussiê. Et depuis, plus rien. Un passage éphémère de six mois dans les Emirats, un mercato d’été à attendre, en vain, qu’un club vienne le chercher, et un retour en grâce à 30 ans, alors qu’il honore sa dernière année de contrat en Gironde (il est arrivé en janvier 2007). «Je ne sais pas si c’est une revanche mais c’est un des joueurs qui a le plus de qualités dans l’effectif, appuie son coéquipier, Matthieu Chalmé. Le coach le connaît depuis bien longtemps et sait comment l’utiliser et je trouve que depuis ce début de saison il est très bien. C’est quelqu’un que j’adore. J’aime beaucoup jouer avec lui, il joue simple et on le trouve facilement donc quand on est derrière c’est un régal. On l’a encore vu dimanche, il a fait un gros match à Nice c’est une bonne chose pour l’équipe d’avoir Jussiê à ce niveau.» Jussiê, ou l’art d’être tout le temps là où on ne l’attend plus.

Obraniak a fini de bouder. Pendant l’été, il a laissé planer le doute concernant son avenir. En coulisses, il a répété qu’il se verrait bien quitter Bordeaux mais faute d’offres, il s’est résigné à rester. Et c’est ce qui explique sans doute son début de saison très poussif. Alors qu'on l'a trop vu en train de marcher pendant les rencontres, de lever les bras au ciel ou encore de râler, Obraniak a traîné son mal-être sur le terrain. Mais sous contrat jusqu’en juin 2015, le Franco-polonais a compris qu’il devait remettre le bleu de chauffe pour ne pas perdre la côte qu’il a en Ligue 1 et en Europe de l’Est. Et depuis quelques matchs, il est redevenu ce leader offensif technique et combattif. Encourageant régulièrement ses coéquipiers et en donnant le meilleur de lui-même, Obraniak s'est relancé en même temps que son équipe. Auteur de trois buts lors des trois derniers matchs de Ligue 1, il est décisif et efficace. Et il a retrouvé le sourire.