L'université de Bordeaux lutte contre l'option tapin

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Bordeaux est la première université française à s'être engagée dans la prévention de la prostitution des étudiants. Révélé par une étude du syndicat Sud-Etudiant, le phénomène concernerait un étudiant sur 57 (lire notre édition du 23 novembre). A Bordeaux, cela fait trois ans que le pôle universitaire et le milieu associatif s'en préoccupent. L'alerte a été donnée par les infirmières du campus, mises dans la confidence par des étudiantes. « Elles décrivaient notamment les bars à hôtesses qui recrutent par petites annonces », rapporte Maryse Dusselier, responsable administrative du pôle. Depuis, une documentation adaptée a rejoint les stands de prévention sur la contraception et les violences, installés ponctuellement dans les restos U. De leur côté, infirmières, planning familial et associations remplissent des fiches de signalement anonymes. Mais les remontées sont faibles. « On marche sur des oeufs, c'est un sujet tabou, déplore Christian Toussaint, chargé de mission prévention au pôle universitaire. C'est souvent une prostitution de relation qui inclut un échange : contre un logement par exemple. » La précarité joue selon lui un rôle déterminant : « Il faut davantage de places en cité U. » Pour Martine Texeraud, du planning familial, la précarité ne suffit pas. « Pour basculer dans ce type de rapports, il faut avoir été maltraité ou dévalorisé. On vend son corps quand on lui attribue peu de valeur. »

Marion Guillot

La prostitution n'est considérée comme un délit qu'en cas de proxénétisme ou de racolage. Dans le cadre d'une prostitution consentie et invisible, comme dans le milieu étudiant, les services de police ne sont pas compétents. « Il n'y a pas d'études statistiques sur le sujet », indique le commissariat central.