Bordeaux-Bègles : Lonca, le jeune ouvreur à la découverte du très haut niveau

Marc Nouaux

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Romain Lonca (à d.) lors du match de Challenge européen de l'UBB contre Bath, le samedi 12 octobre 2013 au stade Chaban-Delmas.
Romain Lonca (à d.) lors du match de Challenge européen de l'UBB contre Bath, le samedi 12 octobre 2013 au stade Chaban-Delmas. — Michel Campistrau

A 22 ans, Romain Lonca saisit l’opportunité de sa vie. Alors qu’il se dirigeait vers une carrière en amateurs avec son club d’Hendaye, l’UBB est venue le chercher pour tenter le même pari qu’avec Camille Lopez en 2009. En quatre mois, l’ouvreur basque a découvert une nouvelle façon d’appréhender le rugby. Il raconte comment il s’est adapté à sa nouvelle vie.

La fréquence des entraînements. «Je suis passé de deux par semaines et un match à deux par jours donc au début c’était difficile de prendre le rythme. Aujourd’hui, j’encaisse de mieux en mieux les séances d’entraînement. Au début c’était dur, je le sentais passer mais je voyais que les autres aussi donc ça me rassurait. J’ai six heures de cours par semaine (avec le centre de formation), donc c’est de la récupération en moins mais il y a plus difficile comme métier donc je ne vais pas me plaindre.»

La forte concurrence. Posté hiérarchiquement derrière Pierre Bernard et Nicolas Sanchez, Romain Lonca sait qu’il devra travailler dur pour devenir le numéro 1. «C’est sûr que ce n’est pas la même qu’en fédérale, ca tire tout le monde vers le haut. Je connais ma marge de progression, ce qu’il faut que je travaille. Avec Pierre Bernard, qui est un très bon joueur au pied, j’apprends beaucoup avec lui. La hiérarchie était établie avec Vincent [Etcheto, l’entraîneur des arrières] dès le début de la saison. Je ne me fais pas d’illusions là-dessus mais le moindre temps de jeu je le prends avec grand plaisir. Je suis très content d’avoir enchaîné deux titularisations consécutives. En Italie, c’était un super week-end. J’étais très fier.»

Jouer contre ceux que l’on voyait à la télévision. «Et il y aussi ceux avec lesquels je m’entraîne. Ca y est, moi, je me suis habitué... ma famille un peu moins… [sourires] On vit tous les jours ensemble donc on prend les automatismes naturellement. Là où j’ai été un peu surpris c’est à Clermont car c’était un ton au dessus. J’ai trouvé ça plus impressionnant car il y avait beaucoup de joueurs de classe internationale, même si on en a déjà au club, voir tous ces internationaux français, c’était assez impressionnant. Brook James, que j’aime beaucoup et aussi Wesley Fofana, qui peut être décisif à tout moment. C’était un régal de jouer face à des mecs que j’admirais à la télé l’année dernière. Si on commence à les regarder, c’est fini car ils ont déjà la notoriété et la force. Sans prétention aucune on essaie de rivaliser.»

La pression des grands stades. «Je n’en ai pas encore fait beaucoup mais c’est une évolution. On en avait discuté avec les coaches en début de saison, que ça allait être un élément à gérer en plus. On avait discuté du contexte que avec les grands stades, le bruit, les choses à gérer. De passer de 200 à 300 personnes l’an dernier à 20 000 parfois cette année, c’est assez important. Il y a aussi l’effet médiatique et la gestion des télévisions… Mais c’est une super expérience ! C’est très motivant et très jouissif. Ma première, c’était à Brive, en nocturne, télévisé en plus, ce sont de supers souvenirs. A Clermont, j’avais des frissons en entrant sur le terrain.»