Distraire l'enfant de sa douleur grâce à l'hypnose médicale

SANTE La technique de l’hypnose médicale est utilisée à Bordeaux pour les soins douloureux dispensés aux enfants...

Elsa Provenzano

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Les soignants détournent l'attention de l'enfant au moyen de l'hypnose médicale
Les soignants détournent l'attention de l'enfant au moyen de l'hypnose médicale — V.Vedrenne / Fondation Apicil

J’ai été complètement stupéfaite par la séance », raconte Peggy Gonçalves. Elle est la maman de la petite Salomé, 6 ans, qui a testé une séance d’hypnose médicale à l’hôpital de Bordeaux, pendant qu’on lui administrait sa chimiothérapie. « Cela a vraiment fonctionné, on ne peut pas tricher avec la douleur », ajoute Peggy Gonçalves. A l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre la douleur, le centre hospitalier de Bordeaux a dressé, ce lundi, un premier bilan de l’usage de cette technique « reconnue et validée scientifiquement », souligne le professeur François Sztark, président du comité de lutte contre la douleur (CLUD) et chef du pôle anesthésie – réanimation au CHU de Bordeaux.

L'hypnose médicale diffère de l'hypnose traditionnelle

Il précise que cette technique n’a rien à voir avec l’hypnose traditionnelle qui est très dirigiste et peut opérer de fortes suggestions : « Il s’agit d’une technique plus douce. Ce n’est ni de la veille ni du sommeil mais une attention focalisée ». Elle est utilisée pour calmer les enfants qui subissent des soins douloureux (pose de sondes, de cathéters, chimiothérapies etc.) « A chaque fois que l’infirmière intervient, il se passe quelque chose dans l’histoire qu’on raconte à Salomé, afin de bien attirer son attention », raconte sa maman. Depuis janvier 2012, 32 professionnels paramédicaux du pôle pédiatrique ont été formés en partie grâce à la fondation Apicil (lire encadré).

Des soins apaisés

Les professionnels y trouve de nombreux bénéfices. « On a un protocole médicamenteux aux Urgences mais, il ne peut être mis en route qu’à l’arrivée des parents. En attendant, on peut pratiquer l’hypnose médicale », pointe Florence Domenet, puéricultrice. Cette technique peut faciliter la prise en charge de maladies de longue durée. « C’est important que l’enfant ne mémorise pas la douleur. Il sera dans de meilleures dispositions pour le prochain soin », explique Annick Thireau, cadre de santé à l’hôpital de jour. « Salomé sera contente de renouveler l’expérience », confirme Peggy Gonçalves

Fondation Apicil

L’organisme de lutte contre la douleur a financé les formations à Bordeaux à hauteur de 15 000 euros. Le Centre hospitalier a complété le financement avec une somme équivalente.