Gaz de Bordeaux enflamme le conseil

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Chaude ambiance dans la salle du conseil municipal, hier après-midi. Les élus devaient se prononcer sur la convention de portage passée entre la ville, Dalkia et Gaz de France, actionnaires minoritaires de Gaz de Bordeaux, la société locale de distribution. La délibération a été adoptée, malgré l'opposition des groupes PS, Verts et PC.

Une usine à gaz La ville détient 51% des parts de Gaz de Bordeaux. En mai, elle a acquis pour 15 millions d'euros les actions détenues par Total, soit 11% des parts de la société d'économie mixte. Pour éviter de s'endetter, la ville a recours au portage financier : elle demande à un tiers d'acheter ces actions, puis de les lui revendre. La Caisse des dépôts est volontaire, mais Dalkia et Gaz de France font valoir leur droit de préemption en tant qu'actionnaires : ils se substituent à la Caisse des dépôts pour avancer la somme. A l'issue de ce portage, d'une durée de 30 mois, la ville doit décider de racheter ou non ces actions au même prix.

Syndicats et opposition très remontés CGT, CFDT et les élus PS accusent la majorité de vouloir « maquiller la vente des actions », en vue d'une privatisation. Rassemblés devant les grilles de l'hôtel de ville, une centaine de salariés et de syndicalistes de Gaz de Bordeaux ont tiré des coups de canon pendant la séance, en signe de refus.

Adaptation à la concurrence Interpellé par l'opposition, qui dénonce l'illégalité de l'opération, Alain Juppé s'est étonné de « la passion que ce débat suscite ». Irrité par une tribune trop bruyante, il suspend la séance. A la reprise, il invoque la « prudence financière » : « Avec l'ouverture du gaz à la concurrence en juillet 2007, Gaz de Bordeaux sera confronté à une situation nouvelle. » Avant de passer à 62%, la ville préfère ainsi « observer ce qui va se passer et si l'ouverture à la concurrence valorise ou non Gaz de Bordeaux. » Quant à l'accusation de privatisation, « elle est infondée », assène Alain Juppé. « La ville est obligée de conserver ses 51 % de participation. » Mais pour combien de temps ?

Marion Guillot

Estimant ce portage illégal, les élus socialistes envisagent de saisir le tribunal administratif. Ils demandent la nomination d'un expert.