Les viticulteurs sinistrés par la grêle auront le droit d' acheter du vrac

VIN L’ interprofession veut éviter toute rupture de commercialisation...

Mickaël Bosredon

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Podensac, le 4 mai 2011: parcelle de vigne abîmée par la grêle
Podensac, le 4 mai 2011: parcelle de vigne abîmée par la grêle — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Pour les viticulteurs bordelais, l’année 2013 restera marquée par les violents orages de grêle de juillet, qui ont détruit une partie de la récolte, notamment dans l’Entre-Deux-Mers et le Libournais. « 22000 hectares ont été touchés, rappelle Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Certains ont tout perdu, et des entreprises ne s’en relèveront pas, c’est sûr. »

Ils pourront acquérir du vin seulement dans leur appelation

Pour autant, le CIVB travaille sur la mise en place de mesures pour venir en aide à ces professionnels. La première d’entre elles a été de les autoriser à
« acheter du vin en vrac, qui leur servira à continuer d’alimenter leur marché » explique Allan Sichel, vice-président du CIVB et président de la Fédération du négoce à Bordeaux. « Toute rupture de commercialisation avec son client est en effet très préjudiciable. » Ces viticulteurs ne pourront acquérir que du vin dans l’appellation où ils se trouvent, et ne pourront le vendre avec le nom de
« château. » Les viticulteurs apprécient cet assouplissement administratif mais on ignore encore combien sont concernés. « On saura si on peut acheter du vrac après la déclaration de récolte, fin novembre », explique Stéphane Defraine, président du syndicat de l’Entre-Deux-Mers. Il estime que les transactions concerneront surtout le rouge.

La question d'une assurance multiriques

Sur les 22000 hectares touchés, 17000 ont été détruits entre 30 et 80 % et 5000 entre 80 et 100 %. « Pour eux, les difficultés de trésorerie arriveront en 2014, il faut donc tout mettre en œuvre pour qu’ils passent ce cap », poursuit Bernard Farges. C’est pourquoi le CIVB veut se saisir très vite de la question des assurances multirisques (gel, grêle, coulure…) « Entre 15 et 20 % des professionnels ont une assurance de ce type. La question est de savoir s’il faut la rendre obligatoire pour tout le monde ? Personnellement, je pense que c’est la meilleure solution. »