A Bordeaux, l’éco-quartier Ginko en passe de réussir son pari

URBANISME Le nouveau quartier de Bordeaux-Lac, qui accueille déjà un millier d'habitants, fête son inauguration ce vendredi. Si tout n'est pas parfait, l'aménageur Bouygues semble en passe de réussir son pari...

Mickaël Bosredon

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L'éco-quartier Ginko, dans le quartier du Lac à Bordeaux, le 20 septembre 2013
L'éco-quartier Ginko, dans le quartier du Lac à Bordeaux, le 20 septembre 2013 — M.B/20MINUTES

Le quartier Ginko de Bordeaux-Lac est encore loin d’être achevé. Mais son inauguration officielle est organisée ce vendredi soir, avec une fête prévue pour le millier d’habitants qui l’habite déjà depuis 2012, et un feu d’artifice en soirée. Pour le constructeur/aménageur Bouygues immobilier, ce sera l’occasion de célébrer la certification éco-quartier, accordée par le ministère du Logement il y a une dizaine de jours. «C’est la reconnaissance que nous sommes bien dans une démarche éco-responsable, avec un quartier chauffé à 100%par les énergies renouvelables, via une chaufferie biomasse, une architecture bio-climatique, une mixité sociale avec 32% de logements sociaux, ou encore une volonté de favoriser les déplacements doux» explique Franck Potier, de Bouygues Immobilier.

«Stocker la voiture en sous-sol»

Sur la question des déplacements, l’arrivée du tramway, prévue en janvier 2014, devrait changer beaucoup de choses. «Ce sera une révolution pour le quartier» assure Franck Potier. En attendant, les premiers habitants, et les premiers salariés, rongent leur frein. Michèle Biteau est la première à avoir ouvert un commerce au sein de Ginko, en l’occurrence une boulangerie. «Nous avons démarré notre activité le 5 juillet, et ça ne décolle pas vraiment. On s’y attendait un peu, étant donné que le quartier est nouveau, et que la période estivale est généralement calme. Mais maintenant, ce serait bien que ça démarre, et c’est vrai que nous attendons beaucoup de l’arrivée du tram, et des nouveaux habitants.» La patronne de la boulangerie, qui emploie trois personnes, ne pourra en effet pas miser sur une clientèle extérieure. «J’avais déjà une boulangerie auparavant, au Bouscat, d’anciens clients ont souhaité me suivre ici, mais ils n’arrivent pas à se garer...»

Dans un éco-quartier, la place de la  voiture est comptée. Et le stationnement de surface se fait rare ici. «Nous avons décidé de stocker la voiture en sous-sol, ou en silo, pour la rendre invisible» explique l’un des architectes-urbanistes de Ginko, le Bordelais Olivier Brochet. «Ce système nous a permis de créer des jardins suspendus et des niveaux différents pour aménager les logements.» A l’arrivée, un système plutôt réussi permet de mixer des maisons avec jardin, et des immeubles, de niveaux R+9 maximum (soit trente mètres). «Si on ne rentre pas dans le quartier, on peut croire que c’est trop dense, car d’extérieur ce sont évidemment les plus grands immeubles que l’on aperçoit. Mais à l’intérieur, c’est espacé et l’habitat est multiple» poursuit Olivier Brochet.

«Du potentiel, mais encore des efforts à réaliser»

Audrey Viale est l’une des premières habitantes de Ginko. Elle s’est installée dans le quartier en mai 2013, dans l’une de ces maisons avec jardin, un T5 de 93m2. «Avec mon mari, nous en sommes contents, et le quartier est agréable. Il y a une école à côté, une crèche au-dessus, même si nous n’avons pas encore réussi à y avoir de place… En revanche, nous sommes déçus par Bouygues. Nous sommes en effet présents au conseil syndical, et les cas de malfaçon, de fissures, d’infiltrations d’eau, sont nombreux, et peinent à être réglés. Une fois qu’un immeuble est réalisé, ils passent à un autre, et ont bien du mal à venir lever les réserves sur ce qui a été mal fait.» Pour résumer, cette jeune maman estime que «le quartier a un gros potentiel, mais qu’il reste des efforts à faire.»

Il faut dire que la réalisation du quartier se mène tambour battant. La deuxième tranche a démarré avec «un an d’avance» souligne Bouygues Immobilier, «ce qui prouve le succès du projet», et à terme, c’est-à-dire d’ici à 2017, ce sont 6.000 personnes qui devraient habiter Ginko. Quelque 30.000 m2 de commerces sont attendus en pied d’immeubles, et des services seront créés.

Dans l’attente, le quartier aura sans doute du mal à donner sa pleine mesure. Et pour les premiers habitants, que certains qualifient de pionniers, il ne sera pas forcément évident d’apprécier d'ici là tous les bienfaits de cet éco-quartier.