Une arme écolo contre les frelons

ENVIRONNEMENT Le dioxyde de soufre autorisé pour détruire des nids de frelons asiatiques

Elsa Provenzano

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Attaque de frelon asiatique devant une ruche
Attaque de frelon asiatique devant une ruche — S.ORTOLA/20MINUTES

Pour les apiculteurs, premiers sur le front contre le frelon asiatique qui décime leurs abeilles, c’est une petite victoire. Les ministres de l’Écologie et de l’Agriculture viennent d’autoriser par arrêté l’utilisation du dioxyde de soufre (cf. encadré) pour détruire les nids de cette espèce invasive introduite accidentellement dans le Sud-Ouest en 2004.

Des apiculteurs-perchistes

« On est content car on se bat depuis trois ans. Mais l’autorisation n’est valable que pour quatre mois, il faudra donc recommencer l’année prochaine », réagit Raymond Saunier, président du syndicat apicole de la Gironde. De 1200 à 1300 nids par an sont détruits en Gironde par les apiculteurs. Une trentaine de perchistes apiculteurs bénévoles officient sur le département à l’aide de perches télescopiques en aluminium qui permettent d’atteindre des nids installés jusqu’à 30 mètres de haut. Parmi eux, Robert Rocheteau, adhérent au groupement de défense des abeilles (GDSA) : « Ce dioxyde est efficace mais il faut qu’il soit bien employé ». Il faut veiller à ne pas transpercer le nid de part en part mais à un seul endroit pour ensuite y diffuser le dioxyde de soufre. Et à 20 mètres de haut, l’entreprise peut se révéler délicate. En une minute environ après diffusion du produit, les frelons tombent raides morts aux pieds du nid.

Vers plus de nids détruits

Dans son avis du 23 juillet, l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) reconnaît l’efficacité du dioxyde de soufre et ses impacts limités sur l’environnement par rapport à d’autres techniques de lutte chimique. Mais elle rappelle que « les dangers pour l’homme sont importants ce qui implique une utilisation contrôlée ». Les élus verts du Sud-Ouest dont Marie-Claude Noël, élue à la CUB, se réjouissent : « Nous n’avons pas encore gagné la guerre mais une très belle bataille pour se débarrasser de cette espèce invasive de la manière la plus écologique possible ». Certains apiculteurs utilisaient déjà le dioxyde de soufre pour protéger leurs ruches. Mais la mesure pourrait inciter les particuliers à faire détruire les nids présents chez eux car ce produit est bien moins cher que d’autres insecticides.

Dioxyde de soufre

Il s’agit d’un gaz toxique dont l’inhalation est fortement irritante. Présent à l’état naturel dans l’atmosphère (émis notamment par les volcans), il est couramment utilisé par les viticulteurs (sulfites).