Les squats Bordelais ferment les uns après les autres

SOCIAL Cet été les évacuations de squats se sont intensifiées sur l’agglomération Bordelaise…

Elsa Provenzano

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Un policier bulgare en mission de médiation dans un squatà Bordeaux.
Un policier bulgare en mission de médiation dans un squatà Bordeaux. — S.Ortola / 20 minutes

Le 27 juillet, le squat de l’avenue Thiers, qui a accueilli jusqu’à 250 ressortissants bulgares, est définitivement fermé. Les évacuations se poursuivent à partir de début août sur les squats de la rue Lerin à Floirac, et à Bacalan rue Bourbon et quai Hubert Prom. «Il y a eu une intensification des opérations d’évacuation parce que les squats posaient des problème de sécurité publique, par exemple des nuisances pour le voisinage», explique Hubert Weigel préfet délégué à la sécurité.

De nouvelles opérations prévues

La mise à disposition de deux policiers bulgares auprès des agents bordelais a favorisé cette série d’évacuations. «Ils ont permis d’accélérer des procédures judiciaires et d’en savoir plus sur l’existence et la structuration de réseaux de toute nature», précise Hubert Weigel. Ils sont repartis le 15 août. Les évacuations vont néanmoins se poursuivre d’ici la fin du mois rue Lucien Faure à Bacalan, et en septembre rue Gaston Cabannes à Floirac. Quelques 38 évacuations de squats ont eu lieu depuis le début de l’année sur l’agglomération Bordelaise.

Le cas à part de l’avenue Thiers

«On a une assez grande satisfaction sur la manière dont se sont déroulées les choses sur le squat de l’avenue Thiers. La longue médiation sociale et la bonne connaissance du public ont beaucoup joué», commente Alexandra Siarri, adjointe à la mairie de Bordeaux en charge de la lutte contre les précarités. Le travail des deux médiateurs sociaux présents quotidiennement sur le squat a permis d’identifier en amont les personnes susceptibles d’intégrer la maîtrise d’œuvre urbaine et sociale ( MOUS), un programme d’insertion sociale. « Tous ceux qui pouvaient être pris et qui s’étaient manifestés ont intégré la MOUS », assure Alexandra Siarri. L’évacuation de ce squat s’est fait progressivement à partir de février jusqu’à une fermeture définitive le 27 juillet. « Elle va peut être résonner dans l’esprit d’autres bulgares : à Bordeaux c’est exigeant, il faut rentrer dans un processus d’intégration»,  pointe l’adjointe au maire chargée des nouvelles précarités.

Il reste quelques squats de petites tailles, principalement à Bacalan, où le travail de médiation, mis en place beaucoup plus tard, est moins facile. Dans les prochains mois, l'implantation de chalets Emmaus (soit une quarantaine de places) pourrait constituer une solution de logement transitoire pour ce public, habitué à vivre en communauté.