Chiffres en baisse contre flics remontés

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La préfecture et les policiers n'ont pas la même perception de la délinquance. Dans son communiqué mensuel, publié hier, la préfecture de la Gironde a annoncé une nouvelle baisse du nombre de délits au mois d'octobre. La délinquance de voie publique aurait notamment atteint son niveau le plus bas depuis janvier. Un bilan positif occulté par l'agression de deux policiers de Cenon par une bande, lundi après-midi, dans la commune voisine de Lormont. Ils effectuaient un contrôle routier au pied des tours de Génicart 3. Le même jour, un millier de policiers ont crié leur « ras-le-bol » devant les préfectures, dénonçant une recrudescence de la violence à leur encontre. Contactée hier, la préfecture n'a pas souhaité commenter ces revendications qui interviennent à la veille des élections professionnelles de la police, du 20 au 23 novembre. « Le problème, c'est l'impunité, déplore Jack Allais, du syndicat Synergie Aquitaine. Nous interpellons les délinquants, mais ils restent la plupart du temps en liberté. »

L'enquête pour retrouver les agresseurs des deux policiers s'est poursuivie, hier. Ils auraient voulu contrôler l'identité de trois jeunes en scooter, avant qu'une bagarre n'éclate, selon les syndicats de police Alliance et Synergie. « Une vingtaine d'individus » aurait roué de coups les deux fonctionnaires. Légèrement blessés, ils sont déjà sortis de l'hôpital. Au commissariat de Cenon, c'est la résignation : « On ne voyait pas ça il y a quelques années, mais on commence à être habitués. »

Marion Guillot

Selon le représentant aquitain du syndicat Synergie, une quarantaine de policiers aurait été blessée en service depuis le début de l'année en Gironde. « On risque de finir l'année à plus de cinquante », note-t-il.