Chronologie de la crise ostréicole

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Entre crises sanitaires et réglementation européenne, l'ostréiculture arcachonnaise, activité traditionnelle qui a façonné les paysages du bassin d'Arcachon, peine à trouver une organisation économique viable.
Entre crises sanitaires et réglementation européenne, l'ostréiculture arcachonnaise, activité traditionnelle qui a façonné les paysages du bassin d'Arcachon, peine à trouver une organisation économique viable. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Du 29 juillet au 11 novembre 2006, retour sur la crise qui a secoué ce secteur professionnel

• 29 juillet - 21 août 2006 : les résultats des tests biologiques (tests souris) sont contradictoires. Mais la consommation des huîtres est toujours autorisée. Pas de vagues sur le bassin pendant l’été…

• 21 août 2006 : le préfet de Gironde interdit la consommation des moules et des huîtres du banc d'Arguin, au vu des résultats défavorables des tests biologiques, en l’absence de micro-algues toxiques dans les eaux de production. La fiabilité du test est contestée par les professionnels.

• 31 août 2006 : des tests biologiques confirment « la présence d'une toxicité dispersée sur les différentes zones du bassin d'Arcachon ». Sous prétexte de risque potentiel pour la santé humaine, le préfet interdit « la commercialisation et la consommation des huîtres de l'ensemble du bassin » péchées après le 27 août, à l'exception de celles qui avaient été stockées dans les bassins de rétention avant cette date.
Le risque n'étant pas caractérisé ni connu, les professionnels demandent l'extension à toutes les activités du bassin du principe de précaution du fait de la présence d'un agent inconnu dans l'environnement.

• 6 septembre 2006 : les ministères de la Santé et de l’Agriculture créent le doute en annonçant brutalement à la presse le décès de deux personnes, à l’hôpital de La Teste-de-Buch, qui ont entre autres « consommé des huîtres du bassin d’Arcachon ». Les décès remontent aux 3 et 5 septembre. Le communiqué précise qu’« aucun lien ne peut être établi à ce jour entre la consommation des huîtres et la survenue de ces décès ». Mais l’interdiction de vente est étendue par « mesure de précaution » à la commercialisation des huîtres provenant des bassins de stockages, jusqu'aux résultats de nouveaux contrôles.
Le communiqué demande aux personnes ayant récemment consommé des huîtres du bassin d'Arcachon et présentant des troubles inhabituels de contacter le Samu. Une veille sanitaire est mise en place.

Le même jour, un millier de manifestants défile dans les rues d’Arcachon pour soutenir la filière. Une marche funèbre, qui se termine par l’enterrement symboliquement de l’ostréiculture arcachonnaise.

• 7 septembre : Les tests biologiques réalisés sur les souris sont de nouveau positifs (prélèvement des 31 août et 4 septembre). L’interdiction de vente et de consommation est maintenue.
L’éventualité d’une nouvelle micro-algue est avancée. L’Afssa reconnaît que la cause de mortalité des souris est inconnue. Le ministre de l’Agriculture s’engage à demander à l’Afssa de retravailler sur ce test, qui fait d'objet d'une réflexion.
Il annonce l’envoi d’un expert (Jean-Louis Beseme, inspecteur général) sur le bassin pour faire le point sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux.

• 8 septembre 2006 : L'enquête sanitaire réalisée sur une des deux personnes décédées à Arcachon démontre que la cause de la mort n'a apparemment aucun lien avec les huîtres. Pour l’autre décès, les investigations sont toujours en cours, précise le ministère de l’Agriculture.

• 9 septembre 2006 : Le directeur général de la santé émet des hypothèses de toxicité des huîtres du fait d'une micro-algue inconnue à un stade où aucune certitude n’a été établie sur l’agent en cause dans la mortalité des souris et sur un éventuel lien de causalité avec le décès des 2 personnes. Il affirme qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause le test souris alors qu’une réflexion officielle est en cours sur ce sujet depuis plusieurs mois.

• 14 septembre 2006 : Après deux séries consécutives de tests biologiques favorables (prélèvements des 8 et 11 septembre), la préfecture annonce la levée de l'interdiction de pêche, ramassage, transport, stockage, expédition et vente à la consommation humaine des huîtres sur l’ensemble du bassin d’Arcachon.
Le ministre de l’Agriculture prévoit l'annonce les résultats de la deuxième autopsie sous une dizaine de jours.
Les bassins de rétention d’où sont issues les huîtres consommées par les deux victimes sont placés sous scellés.

• 15 septembre 2006 : les ostréiculteurs refusent de vendre leurs huîtres, tant que les causes du deuxième décès ne seront pas connues et que l’image de marque de l’ostréiculture arcachonnaise n’aura pas été redorée.
Marc Druart, président de la section régionale conchylicole, menace de démissionner.
Le ministre de l’agriculture annonce une série de mesures d’aide.

• 3 octobre 2006 : la filière est toujours sous surveillance et les tests sur souris se poursuivent. Malgré des résultats favorables, la veille sanitaire pourrait être prolongée jusqu’à fin octobre.

• 7 octobre 2006 : la direction générale de la santé adresse aux médecins généralistes girondins une série de recommandations concernant les huîtres du bassin d’Arcachon. Il leur est demandé de déconseiller leur consommation aux patients fragiles.

• 24 octobre : le président PS de région, Alain Rousset, écrit au Premier ministre Dominique de Villepin, pour qu’il lève le doute sur la qualité des huîtres du bassin.

• 8 novembre 2006 : dans "20 Minutes", les ostréiculteurs chiffrent leur manque à gagner. Ils accusent une baisse des ventes de 15 à 30 % au détail et de 50 à 80 % dans la grande distribution.

• 11 novembre 2006 : le deuxième décès est enfin élucidé et les huîtres innocentées. L’homme de 61 ans serait mort d’une intoxication médicamenteuse, selon "Sud-Ouest". La profession est soulagée, mais décidée à porter plainte pour «diffusion de fausse information».