"Les caillassages ont augmenté en 2006"

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Interview de Jack Allais, représentant Aquitaine du syndicat Synergie-Officiers

Quel bilan tirer des émeutes de 2005 à Bordeaux ?

La région bordelaise est une région paisible. On a été surpris et déçu à la fois quand on a constaté des émeutes l’année dernière. Elles ont été d’une importance relative, mais assez inquiétante aussi pour une région comme la nôtre. De nombreux faits se sont produits, entre 500 et 600. Aujourd’hui, en 2006, le pseudo-anniversaire des émeutes a mis en évidence une situation stabilisée. Mais j’insiste, il ne s’agit pas d’anniversaire que de brûler, incendier et polluer la vie des gens du quartier.

On parle pourtant d’une augmentation de la violence ?

Si l’on compare la délinquance d’octobre 2005 à novembre 2006, on constate deux secteurs qui ont beaucoup augmenté : les caillassages en direction des forces de l’ordre et des représentants de l’Etat, notamment les transports publics.
Les affrontements entre bandes ont aussi considérablement augmenté, même si les statistiques sont en cours. La violence augmente, ainsi que le degré de gravité des blessures, à Bordeaux comme à Bobigny. Ce qui s’est passé à Marseille est trop horrible pour qu’on le mette uniquement sur le compte d’un mimétisme, engendré par les médias. On attend des réponses fermes et rapides pour lutter contre ces phénomènes.

Que préconisez-vous?

Il faut un maillage éducatif fort et une bonne complémentarité avec les forces de police. Le policier doit rester à sa place et ne pas jouer un rôle trop social. Il faut une politique pénale la plus répressive possible, dans le temps de l’action, pour créer une véritable valeur de pédagogie et de réparation.

Recueilli par Marion Guillot