Le retour de Juppé passe aussi par les librairies

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Un regard sur la France et le monde émaillé de propositions de réformes. Paru lundi, le dernier ouvrage d'Alain Juppé, France, mon pays - Lettres d'un voyageur (Robert Laffont) – qui s'achève sur un post-scriptum de sa femme Isabelle – contient tous les ingrédients d'un programme pour la présidentielle de 2007. « C'est une déclaration d'amour à la France », rectifiait hier le maire UMP de Bordeaux, lors de la présentation de son livre à la presse bordelaise. Reste à savoir si le parti présidé par Nicolas Sarkozy donnera les moyens à l'ancien Premier ministre de jouer un rôle sur la scène politique nationale. Le couple ne veut pas trop en dire pour l'instant. « Il n'y a aucun lien entre la sortie de l'ouvrage et la présidentielle », affirme Isabelle Juppé, même si elle admet que son mari « pose un jalon ». « Je ne fais que fixer des idées, qui sont par définition évolutives », déclare plus laconiquement l'édile. « J'expliquerai ce que j'ai écrit dans les mois à venir et je participerai au débat. Puis en 2007, je soutiendrai le candidat de l'UMP. » Se verrait-il dans ce rôle ? « J'y ai pensé, c'est normal, lâche-il. Mais j'ignore qui pourrait me le demander. »

Son livre, écrit pendant son séjour au Canada après sa condamnation en appel à un an d'inégibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à Paris, frise parfois l'angélisme. Car Alain Juppé tient à faire la part belle au devoir d'optimisme. « Je veux combattre l'idée du déclin français », martèle-t-il.

En divisant son ouvrage en huit lettres, « adressées à des personnes qui [lui] sont chères », le maire de Bordeaux signe « un livre personnel et politique ». Un procédé habile : les textes adressés à ses enfants, petits-enfants et anciens élèves parisiens et québécois lui donnent une épaisseur humaine et lui permettent d'aborder tous types de sujets d'actualité.

Marion Guillot

Verbatim : A propos de l'exercice de la politique : « Les vainqueurs ne sont jamais des néophytes. » A propos du discrédit des politiques dans l'opinion : « Le miracle, c'est qu'il y ait encore des candidats ! » A propos de Chirac : « Rien n'a pu ruiner la confiance réciproque que nous nous portons. » A propos de son image : « On m'a un jour surnommé Amstrad. En hommage à la rapidité de mes synapses. » A propos du projet urbain de Bordeaux : « J'ai fait un rêve. »