Bové arrêté pour un arrosage de maïs

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Placé en garde à vue dans la gendarmerie où il venait déposer plainte au terme d'une opération anti-OGM qui a failli bien mal tourner, José Bové pourrait voir son dossier judiciaire s'épaissir. Samedi, le militant altermondialiste s'est joint à 150 faucheurs volontaires qui s'étaient donné rendez-vous dans une exploitation agricole de Lugos, à la frontière des Landes.

Dans leur collimateur, un silo contenant 2 000 tonnes de maïs OGM, dans lequel ils ont déversé de l'eau additionnée de colorant naturel destiné à le rendre impropre à la consommation. Cette opération de « traçabilité » a provoqué la fureur du gérant de l'exploitation. Il a ouvert le feu avec un fusil de chasse et endommagé avec son véhicule plusieurs voitures stationnées sur l'exploitation. Bien décidé à porter plainte pour tentative d'homicide, José Bové s'est rendu à la gendarmerie de Belin-Beliet, où il a été placé en garde à vue aux côtés de l'agriculteur. Mais si ce dernier est reparti libre hier après-midi – une enquête devant déterminer si son coup de feu visait directement les manifestants –, José Bové a eu droit à une prolongation de vingt-quatre heures. « Il semble qu'il soit moins grave de tirer sur des gens que de détruire du maïs, a protesté son avocat, Christian Etelin. Peut-être qu'à haut niveau on a voulu montrer la réaction répressive de l'Etat de droit face à ce type d'action, mais cette prolongation n'a aucune légitimité. » Quelques heures plus tôt, le directeur de l'association des producteurs de maïs, Luc Esprit, dénonçait « l'impunité accordée aux faucheurs » et la violence de leurs actions, rappelant que le contenu du silo représentait une année de travail pour le producteur. Finalement, hier peu après 21 h, José Bové était remis en liberté sur décision du parquet. Il est sorti de la gendarmerie de Saint-Jean-d'Illac sous les acclamations d'une cinquantaine de militants anti-OGM.

Sophie Lemaire

L'avocat de Bové, Christian Etelin, a indiqué que son client avait donné aux enquêteurs une liste nominative de 103 manifestants revendiquant leur participation à l'opération.