LGV Sud-Ouest: Alain Rousset a trouvé un ministre «à l'écoute»

TRANSPORTS Une délégation des grands élus aquitains rencontrait ce matin le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, à propos de l'avenir du projet de LGV Bordeaux-Hendaye...

Mickaël Bosredon

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Un train à grande vitesse de la compagnie SNCF
Un train à grande vitesse de la compagnie SNCF — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

«Nous avons montré notre volonté et notre fermeté.» Alain Rousset, président PS de la région Aquitaine, conduisait mardi matin une délégation des grands élus aquitains, parmi lesquels figuraient le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP) et des présidents de conseils généraux, venus à la rencontre du ministre des Transports Frédéric Cuvillier. Objectif : le convaincre de ne pas suivre les préconisations inscrites dans le rapport Mobilité 21 du sénateur PS Philippe Duron, et qui envisage de reporter après 2030 le projet de ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Hendaye.

Frédéric Cuvillier n’a donné aucune indication sur le sort qu’il réserverait à cette LGV, précisant qu’il devait attendre l’arbitrage de Matignon, prévu le 9 juillet. «Mais j’ai trouvé un ministre à l’écoute, estime Alain Rousset, et il nous a garanti que les études et les procédures engagées se poursuivraient. »

Le maire de Bordeaux a également trouvé le ministre «à l'écoute.» «Il n’a malheureusement pas été en mesure d’annoncer autre chose que la poursuite des études en cours et la prochaine déclaration du Premier ministre sur le dossier, le 9 juillet. Ce rendez-vous a conforté de la nécessité de poursuivre le combat et de demander au gouvernement de revenir sur ses décisions.»

Le projet «le plus avancé»

«Parmi les 235 milliards d’euros d’engagements financiers portant sur des projets de création de nouvelles lignes, il faut bien hiérarchiser» admet Alain Rousset. «Mais nous avons insisté sur le fait que ce dossier est le plus rentable de tous, puisque nous prévoyons un bond de la fréquentation des voyageurs de plus de 7%. Nous avons redit que ce projet est financé par l’Europe, à hauteur de 1 milliard d’euros, et qu’il existe depuis très longtemps, ce qui en fait aujourd’hui un des dossiers les plus avancés.»

Risques de contentieux sur Tours-Bordeaux

«Plus que la liaison entre Bordeaux et Paris, cette ligne permettrait d’effectuer un gain de temps spectaculaire entre Bordeaux et l’Espagne, puisque Madrid ne serait plus qu’à 4h40, soit une économie de 8h par rapport au trajet actuel» poursuit le président du conseil régional d'Aquitaine. Alain Juppé estime de son côté que «le report de la réalisation de la ligne Bordeaux-Hendaye, ligne partiellement mixte voyageurs/fret et permettant de libérer des sillons sur la ligne existante pour les TER, serait contraire aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre que la France s’est fixés, conformément à ses engagements internationaux et européens.»

Les élus ont enfin rappelé au ministre que des collectivités d’Aquitaine se sont engagées financièrement dans la réalisation du tronçon Tours-Bordeaux, à condition que la ligne soit prolongée vers l’Espagne. Ces mêmes collectivités pourraient du coup retirer leur participation si le projet était abandonné. «Il y a de véritables risques de contentieux» estime Alain Rousset.