«J’ancre mon travail dans une histoire locale»

INTERVIEW Responsable de la rénovation du musée de l'Homme à Paris, l'architecte bordelais Olivier Brochet revient pour 20Minutes sur les grands projets bordelais, et fait le point sur le quartier Ginko dont il est l'urbaniste...

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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L'architecte bordelais Olivier Brochet, sur le site du Musée de l'Homme à Paris
L'architecte bordelais Olivier Brochet, sur le site du Musée de l'Homme à Paris — V.WARTNER/20MINUTES

Votre agence a remporté en 2006 le concours pour la rénovation du musée de l’Homme à Paris. Où en est le projet?

Le chantier devait être livré en 2013, il ne le sera qu’en 2015. Les bétons n’étaient plus en bon état, et les contraintes de chantier sont énormes, puisqu’il faut composer avec les activités du musée de la Marine. Mais nous tenons le cap de notre projet, qui consiste à faire des allers-retours entre les deux époques du bâtiment, 1878 et 1937. J’ancre toujours mon travail dans une histoire locale, à Bordeaux ou ailleurs.

Il y a beaucoup de projets sur Bordeaux actuellement. Lesquels vous semblent prometteurs?

A Bordeaux ce qui est fait par l’agence BIG (Bjarke Ingels Group) pour le nouveau bâtiment de la Frac (Fond régional d’art contemporain) Aquitaine sur les quais de Paludate. C’est une excellente interprétation de ce qu’est un balcon sur la Garonne. Parmi les deux projets du futur pont Jean-Jacques Bosc, il me semble qu’il y en a un plus intéressant que l’autre, c’est celui de Rem Khoolaas. C’est une formidable continuité des quais sur la Garonne. On a envie de ça.

Et qu’aimez-vous moins?

Je trouve que le projet de Cité des civilisations du vin aux Bassins à flot, estime moins le potentiel du site. Au bout des quais, j’aurais préféré voir quelque chose qui permette au public de monter sur des terrasses, un peu à la manière de l’opéra d’Oslo.

Sur Bordeaux, vous êtes vous-mêmes responsable d’un grand projet, puisque vous êtes l’urbaniste de l’éco-quartier Ginko. Où en êtes-vous?

Il y aura plus de logements que prévu (2.800 contre 2.500) à l’issue de troisième phase, en 2015. Là, je vais présider un concours réservé aux jeunes architectes, pour la construction de deux bordées de vingt-deux maisons individuelles le long d’un des canaux. Ginko est un quartier exemplaire en matière de développement durable, et nous essayons de conserver cet ADN, même si, dans le contexte de l’immobilier d’aujourd’hui, c’est difficile. L’innovation, cela a un coût. Mais nous ne mettons pas l’argent n’importe où, il va au service du confort, de l’art de vivre. Il ne reste qu’une inconnue, c’est la place réservée aux commerces. Ce que nous proposons aujourd’hui, et qui a été validé, c’est un centre commercial de 20.000 m2 divisé en quatre, disposé au pied des immeubles. Il reste, maintenant, à convaincre les enseignes de nous rejoindre.