«Le collectif va me permettre de me démultiplier sur le terrain»

Elsa Provenzano et Mickaël Bosredon
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Vincent Feltesse, mercredi 19 juin 2013 à Bordeaux
Vincent Feltesse, mercredi 19 juin 2013 à Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

Vous ne parlez pas d’équipe de campagne mais d’un collectif, pour quelle raison?

Je présente mes porte-voix, ce sont les personnes qui vont m’accompagner jusqu’à la constitution définitive de la liste qui se fera en fin d’année. Huit d'entre eux seront présents à mes côtés au niveau des quartiers sur les différents cantons et une quinzaine d’autres vont avoir des responsabilités par thématiques. C’est une démarche assez originale car les groupes de travail sont habituellement officieux, je revendique une forme de transparence.

Quels rôles concrets vont jouer les membres de ce collectif?

Ils vont d’abord alimenter le projet commun chacun sur leur territoire et rencontrer les acteurs. Ils vont me permettre de me démultiplier, au-delà des 100 à 150 experts qui travaillent déjà pour moi. C’est avec eux et l’ensemble de la population bordelaise que l’on va constituer la méthode d’élaboration du projet qui sera achevé avant la fin de l’année.

Est-ce qu’on les retrouvera sur votre liste?

Ce serait assez naturel que certains aillent sur la liste. Ils croient au projet politique que je porte mais ils n’ont pas non plus tous vocation à rester.

Vous répétez souvent que la ville a besoin d’alternance, d’oxygénation démocratique: est-ce que ce sera l’un de vos leitmotivs?

C’est une réalité. C’est la même équipe qui est là depuis 70 ans. Le pouvoir repose actuellement sur Alain Juppé qui ne s’est pas trop renouvelé. Il est très autocentré et  je n’ai pas vu émerger beaucoup de nouvelles personnalités autour de lui.

Comment va se dérouler votre campagne?

Ce sera une campagne de porte à porte, au plus près des gens. Notre objectif est de frapper à 30.000 portes, ce qui va mobiliser 500 personnes. Je serai très présent sur le terrain, j’ai une grande capacité d’endurance. Sur le contenu, il faut expliquer que le bilan d’Alain juppé est un bon bilan mais qu’il est partagé. Et, ce n’est pas parce qu’il a été un bon maire qu’il est un bon candidat. Je pense que les sujets de 2013 et 2014 ne peuvent pas être traités comme on le faisait en 1995, 96 ou 97. Le numérique, le développement durable, la participation, la grande précarité, et la raréfaction des ressources financières: tout cela, ce sont des choses qui ont émergé de manière très récente. Et il me parait intéressant d’avoir des gens qui incarnent une certaine actualité pour les traiter.

On pourrait croire que vous avez besoin de toutes ces personnes car vous êtes accaparé par votre mandat de député à l’assemblée. Que répondez-vous à cette critique?  

J’ai été rapporteur pour plusieurs projets de lois sur l’enseignement et la recherche, sur l’architecture, et sur l’égalité des sexes mais tout cela est terminé et je me concentre essentiellement sur Bordeaux. Après, nous sommes dans un pays centralisé et vous n’allez pas me faire croire que le maire de la cinquième ville de France ne quitte jamais son territoire et même, cela pourrait surprendre qu’il ne le fasse pas. Par exemple en ce moment, c’est le salon du Bourget et l’aéronautique représente 20.000 emplois sur l’agglomération bordelaise. Je trouve cela un peu étonnant que le maire de Bordeaux n’aille pas sur ce salon à un moment où la question de l’emploi est fondamentale, à Bordeaux comme ailleurs. Cela dit, on verra bien, au final, qui sera le plus présent sur le terrain.

Michèle Delaunay, ministre en charge des personnes âgées, a-t-elle  une place particulière dans ce collectif?

C’est une personne qui est au courant un peu avant tout le monde de ce que j’ai en tête et avec qui j’échange beaucoup. La réflexion d’aller sur Bordeaux a commencé en 2009 et Michèle a été la première à me dire de me présenter aux municipales. Ce n’était pas évident au début pour moi car j’étais maire de Blanquefort et j’ai hésité à un moment par rapport à mes engagements. Mais ceci est derrière moi, et depuis une folle envie de Bordeaux s’est déployée!