Le témoin-clé du braquage manque à la barre

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Aucune preuve matérielle n'accuse les cinq hommes soupçonnés du braquage de la bijouterie Prévot. Toutefois, les témoignages de l'ex-belle-mère de Domingo Oliva, l'un des accusés, de Hamid Keita, autre accusé et de l'un de leurs proches, Nosredine Bouhena, leur laissent peu de chance. En effet, tous évoquent le déguisement de femme que portait Domingo Oliva le 7 août 1999, jour du braquage.

Pourtant, Stéphane Guitard, l'avocat de Roland Birou, a estimé hier qu'il manquait un témoin essentiel : Victorine Prévot, la propriétaire de la bijouterie au moment des faits, qui avait été directement menacée par les braqueurs. Elle est dispensée d'audience pour raison médicale, mais l'avocat a dit l'avoir croisée à Bordeaux la veille. « Si elle se balade en ville, je ne vois pas pourquoi elle ne pourrait pas venir jusqu'ici », a ajouté Me Hubert Hazera. Un médecin expert s'est rendu hier chez cette dame de 85 ans pour voir si son état de santé était compatible avec un témoignage aux assises. Il a conclu en début d'après-midi qu'elle ne pourrait pas venir.

Les plaidoiries ont donc pu commencer hier. Les trois avocats de la partie civile – Victorine Prévot et les employés – estiment que tout accuse les cinq hommes : les témoignages et surtout leur silence. « Vous n'avez rien fait pour prouver votre innocence », a déclaré l'avocate à l'attention des accusés. Le réquisitoire est attendu aujourd'hui.

Orianne Dupont

Le témoignage des victimes, en fin de semaine dernière, a révélé qu'elles avaient subi un véritable traumatisme. Les anciens employés ont eu du mal à cacher leur émotion en racontant les faits. L'ex-propriétaire de la bijouterie a confié à son avocate que, depuis, elle ne pouvait plus sortir seule.