Coupe de France : Une consécration tardive pour Gillot, l’acharné du travail

Marc NOUAUX

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Francis Gillot brandit fièrement la première Coupe de France de sa carrière.
Francis Gillot brandit fièrement la première Coupe de France de sa carrière. — PDN / Sipa

Il n’y a pas que les supporters de Bordeaux qui l’attendaient cette Coupe de France. Francis Gillot, 53 ans, commençait lui aussi à trouver le temps long. Depuis plus de trente ans qu’il était dans le milieu professionnel, le coach girondin n’avait toujours pas gagné de titre (hormis un championnat national avec les U17 de Sochaux en 2003). C’est désormais chose faite depuis vendredi soir. Enfin, Francis Gillot a pu inscrire son nom sur un palmarès.

«Je ne sors pas beaucoup, je regarde surtout des matchs»

«Mes titres, ce sont plutôt des matchs de Coupe d’Europe et des qualifications européennes dans les clubs où je suis passé», préfère répondre l’intéressé lorsqu’on lui demande comment il ressent cette consécration tardive. «J’ai pas mal de matchs de Coupe d’Europe, une quarantaine... Il y a beaucoup d’entraîneurs qui n’ont jamais de titres. Il faut avoir la réussite, la chance d’avoir un bon tirage pour gagner une Coupe de France. J’espère qu’on l’aura encore l’année prochaine.»

Pas bavard lorsqu’il s’agit de parler de lui et de ses méthodes, Francis Gillot aime seulement rappeler, qu’il ne vit que pour le football. «Je ne sors pas beaucoup, je regarde surtout des matchs chez moi. On est tous les jours au stade, il n’y a pas de jours fériés pour nous. On est fatigué, on ne dort pas beaucoup, surtout après les matchs.»

Pas du genre à afficher ses émotions

Acharné de travail, l’entraîneur bordelais est présent tôt au Haillan, tous les matins. Et lorsque les critiques se sont abattues sur le jeu de son équipe tout au long de la saison, il a forcément été très touché. «Le problème dans votre corporation, c’est que quand il y en a un qui dit quelque chose, tout le monde le reprend, dénonce le Nordiste. On a un bon bilan… il ne faut pas que les règlements de comptes entre chaînes et personnes interviennent dans la critique du jeu de notre équipe.»

 

La victoire en Coupe de France, au terme d’un match plaisant à suivre lui a au moins permis de faire taire certaines mauvaises langues. Mais elle ne lui a pas enlevé son naturel réservé. Les images où on le voit sourire sont restées rares malgré la conquête de son premier trophée. «C’est un groupe qui s’est mis minable, on en a bavé ensemble», a ainsi lâché Gillot à la foule bordelaise lors de la présentation de la Coupe sur les quais. Une phrase qui symbolise tout le soulagement de Gillot le besogneux, qui a enfin remporté un titre. Une juste récompense pour un coach qui aura eu le mérite de redresser Bordeaux après sa chute infernale de 2011. Et qui a toujours maintenu son cap malgré les tempêtes.