Ligue 1 : Poko, la générosité comme moteur

Marc Nouaux

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André Poko peut compter sur le soutien de son entraîneur, Francis Gillot, qu'il considère «comme un père dans l'équipe.»
André Poko peut compter sur le soutien de son entraîneur, Francis Gillot, qu'il considère «comme un père dans l'équipe.» — J.-P. Muller / Afp

«Poko, je l’ai sorti car il allait monter dans les tribunes.» Après le match contre Nancy, Francis Gillot décrivait, avec amusement, toute l’énergie de son jeune milieu de terrain (20 ans). Régulièrement dans le groupe lors de la deuxième partie de saison, André Byogo Poko s’est démarqué par sa fougue et son envie au moment où le manque d’agressivité de l’équipe girondine était pointé du doigt. Apparu à vingt reprises cette saison, le Gabonais, conseillé à Bordeaux par son sélectionneur de l’époque, Gernot Rohr, monte progressivement en puissance. «Je pense que c’est une assez bonne saison déjà, se satisfait-il. Je ne m’y attendais pas trop mais je travaille pour. Je savais qu’à un moment, le coach me donnerait ma chance.»

«Il progresse, il a compris ce que c’est que d’être professionnel, juge Gernot Rohr. Il faut qu’il joue plus et avec le temps, il va muscler son jeu.» Toujours présent au pressing, harcelant sans cesse le porteur du ballon adverse, Poko a tout de même un gros défaut pour un milieu de terrain axial. Le déchet dans l’utilisation du ballon. «Pour prendre le ballon dans les pieds de l’adversaire, c’est le meilleur, avance son ancien sélectionneur. Mais il doit apprendre à se canaliser et à mieux garder le ballon. Mais il va réussir, il a un bon état d’esprit. C’est quelqu’un de généreux et motivé.»

«Le foot, c’est ma raison de vivre»

Arrivé lors de l’été 2011, Poko peut compter sur Francis Gillot, qui lui parle régulièrement afin de gommer ses défauts. «A mon arrivée, on a beaucoup discuté, se souvient le Gabonais. Il m’a aidé par rapport à mes qualités et m’a dit ce que je devais rectifier et travailler le plus. On discute beaucoup avec le coach, c’est quelqu’un de bien. Il est comme un père pour moi dans l’équipe. C’est un conseiller et je l’écoute.» Plutôt avare en compliments habituellement, le coach girondin apprécie le comportement de son milieu défensif. «Il tire tout le monde derrière lui, apprécie Gillot. Il a tellement envie de bien faire. C’est très positif.»

A un an de la fin de son contrat, le jeune milieu de terrain espère prouver qu’il a le niveau pour réussir sur la durée en Ligue 1. Parce qu’il est ambitieux et parce qu’il pense à ses proches, au Gabon, à qui il a promis de réussir. «Le foot, c’est ma raison de vivre, explique t-il. Pas que la mienne mais aussi celle de plusieurs membres de ma famille donc je ne rigole pas avec. Je me donne à fond.» Même s’il affirme que sur le terrain, il est «quelqu’un d’autre», Poko est animé par le même trait de caractère sûr et en dehors du rectangle vert. La générosité.