Les IUT font le plein, leurs poches sont vides

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Les IUT (Instituts universitaires de technologie) s'inquiètent de l'érosion de leurs moyens. Il existe six établissements de ce type en Aquitaine, rattachés à quatre universités, et qui accueillent plus de six mille étudiants. Leurs directeurs étaient réunis à Bordeaux mercredi, pour évoquer la dégradation de leur situation financière. Ayant déjà alerté l'Etat à plusieurs reprises, en vain, ils espèrent que leur discours sera relayé par les élus locaux.

« Tous les établissements d'enseignement supérieur sont concernés, déplore Anne-Marie Cocula, vice-présidente au conseil régional, en charge de l'éducation. Il manque à ce pays une politique d'éducation nationale digne de ce nom ». Ainsi, les dotations de fonctionnement des IUT – et des universités en général – diminuent, alors que les cursus s'allongent, avec la création de licences professionnelles. « A l'IUT de Bordeaux-1, la dotation est de 20 % inférieure au minimum fixé par l'Etat lui-même !, s'étrangle son directeur, Pierre Lafon. C'est 220 000 e de moins sur une année. »

Les IUT réclament ainsi le maintien de leur dotation à au moins 89 % de son montant normal, ainsi que des créations d'emplois en 2007. « Le personnel a augmenté d'à peine 10 % depuis 2000, pour 23 % d'étudiants en plus », ajoute-t-il. Les directeurs dénoncent enfin le vieillissement des plateaux techniques. « Remplacer les machines n'est plus dans nos moyens », avoue Vincent Lalanne, directeur de l'IUT des Pays de l'Adour.

Marion Guillot

Créés en 1966, les IUT délivrent des diplômes de niveau bac +2, afin de favoriser une insertion rapide dans le monde professionnel. La semaine de cours se fait en moyenne sur 35 heures, contre une vingtaine à la fac.