Pro B : Les JSA Bordeaux en finissent avec leur saison galère

Marc Nouaux

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Les JSA de Nigel Wyatte, ici face au Portel, le 1er février 2013, subissent une crise sportive et financière.
Les JSA de Nigel Wyatte, ici face au Portel, le 1er février 2013, subissent une crise sportive et financière. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

«Un entraîneur m’a dit de toujours jouer les matchs comme si c’était le dernier. C’est ce que j’essaie tout le temps de faire et à plus forte raison celui-ci.» Le capitaine des JSA, Boris Elisabeth-Mesnager, en a gros sur le cœur. Son équipe, avant-dernière de Pro B, achèvera mardi soir à 20 h sa saison galère en recevant Charleville. Un dernier match contre une équipe qui, elle aussi, est reléguée en N1. Une sorte d’enterrement pour les deux clubs, qui devraient évoluer dans une ambiance assez pesante. «Il faut  que l’on mette assez d’intensité pour que ce soit agréable à regarder, prévient le coach bordelais, Alexandre Palfroy. J’oriente mon discours sur la notion de plaisir de jouer et sur la perspective de terminer la saison sur une bonne note.»

«Je suis content que ça s’arrête, souffle Elisabeth-Mesnager. C’est la fin du cauchemar. Dès le premier match, on a été en difficulté et on n’a jamais pu s’en sortir. C’était une saison difficile à vivre sportivement et humainement.» On s’imagine alors que les joueurs et le staff espèrent vite être à mardi soir 22 h pour être en vacances. «Ou plutôt en chômage technique, rectifie Palfroy. Tant que l’on ne sait pas ce que le club va devenir, on ne peut rien prévoir.» «L’avenir, j’y pense beaucoup renchérit «Bobo», le capitaine bordelais. Je me pose beaucoup de questions car il y un gros point d’interrogation autour du club. On a envie de vite tourner la page.»

«On n’a pas su redescendre sur terre»

En effet, alors que l’on attend toujours que la direction s’exprime sur le futur et que les joueurs ainsi que le staff n’ont toujours pas été payés depuis le 16 mars, le club avance en eaux troubles. «On est dans le flou, on ne nous dit pas grand-chose, s’inquiète Elisabeth-Mesnager. Je regrette ce manque de communication.» Victimes d’une crise sportive et financière, les JSA suscitent énormément d’interrogations. A moins d’un repêchage administratif qui pourrait s’obtenir grâce aux difficultés d’autres clubs de Pro B, ils retourneront en N1 la saison prochaine, deux ans après êtres montés et un an après avoir disputé les play-offs.

«Non, il n’y a pas de sentiment de gâchis car pour cela, il faudrait que l’on se soit donné les moyens à tous niveaux, ressent le capitaine bordelais. Or, ce n’est pas le cas. On peut plutôt parler de déception.» Alexandre Palfroy abonde en son sens. «On avait fait deux belles saisons sur le plan sportif. Des années exceptionnelles par rapport à l’effectif qu’il y avait. Mais on n’a pas su redescendre sur terre. Le club ne s’est pas suffisamment structuré pour encaisser la deuxième année en Pro B qui est souvent la plus difficile.» En N1 ou en Pro B, le club bordelais devra de toute évidence procéder à une restructuration de son équipe dirigeante afin de ne plus s’exposer à une saison aussi galère que celle qui vient de s’écouler.