Le viaduc de la Dordogne est sur les rails

INFRASTRUCTURES Un pont ferroviaire colossal se construit en Gironde, avant le passage de la ligne à grande vitesse en 2017...

Elsa Provenzano

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Le viaduc de la Dordogne est en construction depuis juillet 2012.
Le viaduc de la Dordogne est en construction depuis juillet 2012. — S.Ortola / 20 minutes

En 2017, Il faudra seulement seize secondes aux futurs TGV qui emprunteront le viaduc pour le franchir, à une vitesse de 180 km/h. D’ici là, le chantier, qui a été inauguré officiellement vendredi, doit encore avancer. La ligne à grande vitesse
(LGV) va permettre de mettre Bordeaux à 2 h 05 de Paris et rien qu’en Gironde 56 ouvrages d’art sont nécessaires à la réalisation du tracé. Le viaduc de la Dordogne, entre Cubzac-les-Ponts et Saint-André de Cubzac, est le plus imposant du tracé. Sa construction a commencé en juillet 2012.

Des voies livrées à l'heure

« Le chantier avait pris deux mois de retard, dus à la prise en compte de contraintes environnementales. Mais, nous sommes à 40 % de l’avancement global du projet et nous livrerons les 33 kilomètres de voies à l’heure », a assuré Xavier Neuschwander, Président de Cosea, concepteur-constructeur de la ligne.

Des fondations ancrées à 41 mètres de profondeur

Le pont ferroviaire se compose de trois viaducs, le tout sur 1319 mètres de long. « L’une des particularités de l’ouvrage c’est que ses fondations sont très profondes, jusqu’à 41 mètres de profondeur, avec des pieux de deux mètres de diamètre pour certains », explique Stéphane Carrer, directeur des travaux en charge de la construction pour Cosea. Au total 153 pieux vont être forés sur le site et, quelque
22 000 m3 de béton vont être utilisés pour couler les fondations. De grandes barges servent à amener sur le chantier les éléments de grandes largeurs, qu’il est impossible de transporter par voie terrestre.

Les travaux ferroviaires commenceront en 2015

Sur l’ensemble du tracé en Gironde, on dénombre 237 embauches locales et 100 à 150 travaillent sur le chantier du viaduc. Lisea, concessionnaire de la ligne Tours Bordeaux estime que 198 millions d’euros sont engagés avec des entreprises aquitaines. La fin des travaux de génie civil est prévue pour début 2015, l’installations des rails et des ballasts suivront.

L’ association des usagers suit le projet

« Le raccordement entre la ligne actuelle et la voie nouvelle à Ambarès permettra aux TGV d’arriver à bon port même si c’est avec du retard », commente Christian Broucaret, président de la fédération nationale des associations d’usagers des transports. La seule réserve de l’association porte sur le prix des billets qui pourrait augmenter en fonction du prix des sillons. « La concurrence pourrait faire baisser les prix, on attend de voir », dit-il.