«Le grand stade de Bordeaux sera le premier stade d’une nouvelle génération»

URBANISME La première pierre du futur grand stade de Bordeaux a été posée ce lundi midi. Ce sera l'une des dix enceintes qui accueillera l'Euro 2016 de football...

Mickaël Bosredon

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Le projet de Grand Stade de la ville de Bordeaux
Le projet de Grand Stade de la ville de Bordeaux — DR

Ce sera «une œuvre d’art» et un bâtiment «qui marquera la ville.» Le maire de Bordeaux Alain Juppé a posé, ce lundi midi, la première pierre du futur grand stade de Bordeaux, dans le quartier du Lac. Une zone excentrée du cœur de ville, par rapport à la localisation de l’actuel stade Chaban-Delmas, situé aux portes du centre. Le prolongement du tramway jusqu'aux portes de cette nouvelle enceinte est prévu pour sa mise en service, en 2015.

«Bordeaux a besoin d’un nouveau stade, a martelé l’ancien Premier ministre. Non pas que le stade Chaban-Delmas soit trop petit, mais il est obsolète: les deux tiers des spectateurs sont trempés lorsqu’il pleut, les espaces de réception sont exigus, et les retransmissions télé deviennent de plus en plus difficiles», si bien que «nous prenions le risque d’être exclus des réceptions de grandes compétitions internationales.» Un point de vue partagé par Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6, actionnaire principal des Girondins de Bordeaux: «J’ai quitté Bordeaux quand j’avais 22 ans. Et le stade Chaban commençait déjà à être un peu obsolète.»

Construit pour l'Euro 2016 de foot, cette nouvelle enceinte accueillera les rencontres du club des Girondins, certains matchs de l'équipe de rugby de l'UBB, et des spectacles.

Dessiné par les architectes Herzog et de Meuron, le futur grand stade de Bordeaux sera «en rupture» avec l'architecture des autres grands stades, promet Xavier Huillard, PDG de Vinci, une des deux entreprises de BTP, avec Fayat, chargés de la construction de l’enceinte, sous l’enseigne de la société Stade Bordeaux Atlantique. «Après la série des enceintes dites en «nids d’oiseaux», celui-ci va faire date comme le premier stade d’une nouvelle génération.» «On viendra à Bordeaux le visiter, comme on vient visiter le viaduc de Millau» pense même Alain Juppé.

La structure sera achevée dans un an

Les deux premières grues et la centrale à béton sont déjà arrivées sur place il y a quelques semaines. A terme, le chantier comptera six grues, et 400 personnes seront chargées de sa réalisation.

«Les délais sont très serrés, prévient Dominique Fondacci, président de Stade Bordeaux Atlantique. En raison des critères imposés par l’UEFA, nous devons achever le stade un an avant le début du Championnat d’Europe des Nations, car les instances européennes exigent que chaque nouvelle enceinte ait été utilisée pendant au moins une saison entière par son club.» Pour accélérer la cadence, et limiter les nuisances, la structure en béton, et les gradins, seront fabriqués sur place. La charpente métallique arrivera, elle, par camions, du Gers. «Dans moins d’un an, nous commencerons la pose de la toiture. Les Bordelais pourront alors voir à quoi va ressembler le stade. Il restera ensuite à effectuer les finitions, et la construction des parkings», avant une inauguration prévue en juillet 2015.

Partenariat public-privé sur trente ans

D’un coût total de 183 millions d’euros, il est financé à hauteur de 75 millions d’euros par les partenaires publics (Etat, Région, Communauté urbaine et ville), 20 millions d’euros par les Girondins de Bordeaux (qui s’acquitteront par la suite d’un loyer annuel de 3,8 millions d’euros sur 30 ans), le reste par le privé. A la fin de ce partenariat public privé, la ville de Bordeaux deviendra propriétaire de l’enceinte. « Il est moins cher que beaucoup d’autres stades, estime Noël le Graet, président de la Fédération française de football. En rapport qualité-prix, c’est ce que l’on a vu de mieux dans les présentations.»