A Bordeaux, lever le pied pour mieux circuler en ville

MOBILITE Des associations bordelaises expliquent les avantages d'une limitation à 30 km/h de la circulation automobile en centre-ville...

Elsa Provenzano

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Une limitation à 30 km / h permettrait un meilleur partage de la voie publique.
Une limitation à 30 km / h permettrait un meilleur partage de la voie publique. — S.Ortola / 20 minutes

Diminuer un peu sa vitesse au volant aurait de grands avantanges pour tous les usagers de la route. C’est le message de plusieurs associations Bordelaises engagées sur le terrain des déplacements doux. «Attention, ce n’est pas une démarche contre les bagnoles. On n’a pas du tout vocation à empêcher les gens de circuler», prévient d’entrée Nicolas Guenro, directeur d’Autocool et membre du pôle urbain des mobilités alternatives (PUMA), qui réunit un collectif d’associations. La structure milite pour que la circulation en centre-ville, à Bordeaux et dans les autres communes de la Communauté urbaine, soit limitée à 30 km/h au lieu de 50 km/h actuellement. Le PUMA est le relais local d’une pétition lancée à l’échelle européenne qui ambitionne de rassembler un million de signatures pour pouvoir saisir la commission européenne sur le sujet.

Deux minutes de perdues sur un trajet de vingt minutes

Le secteur historique de Bordeaux est déjà en grande partie en zones 30, et souvent à accès contrôlé. Pour les associations, il ne faut pas seulement les étendre mais généraliser la limitation dans les centres urbains. Jean-Louis David, adjoint au maire, estime qu’il est déjà difficile de rouler à plus de 30 km/h dans de nombreux secteurs. Pour apaiser la circulation, il estime qu’ il ne faut pas être excessif et aménager les voiries de façon négociée. La rue Mouneyra par exemple passe à 30 km/h fin avril.

Les arguments en faveur d’une militation à 30 km/h ne manquent pas: avec cette mesure un trajet de vingt minutes ne serait rallongé que de deux minutes, la consommation d’essence serait divisée par deux et la qualité de l’air s’en trouverait améliorée. «La vitesse moyenne actuellement est de 19 km/h en ville et avec cette mesure, on serait à 17 km/h. Conduire à 30 km/h permettrait une plus grande fluidité et un meilleur partage de la voie publique», assure Stéphane Casteran, président de PUMA.

La diificulté à changer les mentalités serait le frein principal: «c’est la même opposition qu’il y avait pour le tram», souligne Christian Broucaret, président de la fédération des associations d’usagers de transports (FNAUT).

«On roule déjà à 30 km/h tellement la circulation est blindée»

«C’est abusé, autant ne pas utiliser de voitures tant qu’on y est!» réagit Kévin Simmoneau quand on lui parle d’une limitation à 30 km/h. «La journée on roule déjà à 30 tellement la circulation est blindée» renchérit Rémi Mikel, un autre Bordelais. L’automobile Club du Sud Ouest (ACSO) partage l’avis de ces conducteurs: «Je pense que ce serait une mesure arbitraire et excessive. Il ne faut pas que ce soit généralisé mais cantonné à des rues étroites, comme c’est déjà le cas», explique Claude Chambonnaud, président de l’ACSO.

Baptiste Nolliug, qui vit dans le centre-ville de Bordeaux, considère que la mesure pourrait avoir beaucoup de points positifs «Vu que quand la vitesse est limitée à 50, les trois quarts des automobilistes roulent à 70, peut-être qu’avec une limite à 30, les gens rouleront à 50, et on pourra traverser la rue sans risquer de se faire couper en deux.» Ce Bordelais comprend le ras-le-bol des automobilistes, mais en tant que résident du centre-ville, il apprécierait la réduction des nuisances sonores produites par la circulation.